554 HISTOIRE DE FRANCE. Ltv. XXIII.
Siction feuille, les deux meilleurs Officiers qu’elle eût, l’un fur terre & l’autre furXXI. mer. On dit que les Troupes de débarquement alloient à quinze milleRégné de tommes, & on avoit assemblé une grande quantité de bâtimeris de trans-jiifm’â V * port à Dunquerque, à Calais & à Boulogne. Leur dessein étoit de faireprésent. descente dans la Province de Kent & de fe rendre maîtres du Château de-Douvres par escalade. Roquefeuille avoit surtout ordre d’empêcher la jonc-tion des Escadres Angloises, qu’on équippoit à Porfmouth & à Chatham,& c’étoit fur l’impossibilité prétendue de cette jonction, que les Françoisfondoient les plus grandes espérances de succès. Roquefeuille partit deBrest au mois de Janvier, avec vingt-un vaisseaux de guerre & trois ouquatre frégates. II fut découvert, fans le savoir, par un vaisseau An-glois qui croifoit, lequel entra à Plimouth, & envoya par terre un exprèsà l’Amirauté avec cette nouvelle. L'A mirai Norris partit fur le champpour prendre le commandement de l’Efcadre qui étoit à Spithead; il fitvoile pour les Dunes, & les vaisseaux qui étoient à Chatham l’aiant joint, ilse vit avec des forces fort supérieures à celle de Roquefeuille. Ce dernieravoit dépêché une frégate à rifle de Wight, qui rapporta à son retour,qu’il n'y avoit point de vaisseaux à Spithead ni à Sainte Helene, ce qui fitjuger à M. de Roquefeuille, que la Flotte Angloife étoit entrée à Ports-mouth. Pendant qu’il étoit à la hauteur de l’ifle de Wight, où il restatrois ou quatre jours. il détacha quatre de ses vaisseaux ; qui dévoientescorter les troupes qu’on embarquoit à Dunquerque; & il courut risquede fe perdre avec fa Flotte par la tempête. Aiant radoubé ses vais-seaux , il alla mouiller à Dungenefs, dans la ferme persuasion , que laFlotte Angloife n’ofoit mettre en mer pour le combattre.
ZUeeJîbat . Le io de Mars, il la découvrit, & la prit d’abord pour une Flottetue par i a marchande, elle s’avançoit vers lui avec autant de diligence que le per-tempéte. mettoit le vent contraire, mais la marée fêtant devenue aussi, elle futobligée de mouiller à deux lieues des François. Roquefeuille connoissoittrop bien son infériorité pour penser à combattre; il assembla le Conseilde guerre, & on résolut de regagner au plus vite Brest, fans signal &fans observer aucun ordre de bataille ; cette résolution fut signée de tousles Membres du Conseil. Comme les François étoient en quelque façonenfermés dans une Baye, cette résolution même n’auroit pu les sauver,sans un vent violent du Nord-Elt qui s’éleva, & qui leur fit passer laManche avec tant de vitesse, que le lendemain matin les Anglois furentfort surpris de voir qu’ils avoient disparu. Mais la tempête qui avoitfavorisé leur fuite, fut fatale à leur expédition, car un grand nombre deleurs Bâtimens de transport furent brisés, la plupart des autres, sinontous, mis hors d’état de servir d’abord.
Déclaration Cette entreprise infructueuse fut suivie d’une Déclaration de guerre dede guerre France contre la Grande Bretagne, datée du 15 de Mars, & d’une pa-gktlrre^fâ xe ^ e ,<àlaration contre la Reine de Hongrie , contre laquelle les Fran-la Reine de çois n’avoient jufques-là ági qu’en qualité d’auxìliaires de f Empereur Char-Hongrie. les vil. P ar la premiere Déclaration le Roi de France accusent. 8 . M. B,qu’il assectoit de nommer Roi d’Angleterre, Electeur d’íflanovre, de man-