HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. sss
que de modération & d’avoir des vues contraires au bien & à Pavantage de Sectionla Nation Angloise, d’avoir dessein d’allumer une guerre générale, & d’yengager la Cour de Vienne. On taxe encore S. M. B. d’avoir renoncé l ou , s xv.entierement aux apparences de modération qu’il avoit fait paroitre étant jufqu'àen Allemagne, d’abord qu’il avoit été de retour dans son Royaume; que-rr/enr.non seulement il avoit insulté la France par les Pirateries de ses vaisseauxde guerre, & en fêlant bloquer le port de Toulon par ses Escadres, maislui avoit suscité par tout des ennemis. En un mot le Roi de France dé-clare la guerre par mer & par terre au Roi d’Angleterre, Electeur deHanovre.
Cette Déclaration excita l’indignation des Anglois & de leurs Alliés,parcequ’il étoit évident par le nom qu’on affectoic de donner à S. M. B. quela Cour de France insinuoit qu’il y avoit un autre Roi d’Angleterre. LaDéclaration contre la Reine de Hongrie étoit une piece très-foible. LeRoi de France, fans justifier son manque de foi en attaquant les EtatsAutrichiens, & en ne tenant point fa garantie de la Pragmatique Sanction,accuse la Cour de Vienne d’aigreur à de violence, ses Ministres d’avoirinondé l’Europe d’Ecrits scandaleux contre la France, d’avoir enfreint lescapitulations & traité avec dureté les prisonniers François, accusationsnotoirement fausses. Après avoir lui-même désolé les Etats Autrichiens,le Roi taxe la Reine de Hongrie d’avoir fait des efforts pour pénétreren Alsace, & pour exciter les peuples à la révolte. Le 3 r de Mars ondéclara la guerre contre la France à Londres. Cette Déclaration étoitfort nette, fondée fur des faits, L fans généralités. 8. M. T. C. y estaccusée d’avoir violé la garantie folemnelle qu’elle avoit donnée à la Sanc-tion Pragmatique en 1738, pour prix de la Lorraine ; d’avoir connivé àce que íès Sujets ayent agi en Armateurs contre les Anglois avec desCommissions Espagnoles, tant en Europe qu’en Amérique, & d’avoir en-voyé, en 174°» . une iorte Escadre dans les mers de P Amérique, pour em-pêcher les Anglois de poursuivre dans ce Pays-là la guerre contre les Espa-gnols. On y parle d’un double d’un ordre du 7 d’Octobre 1740 , par le-quel il étoit enjoint expressément au Commandant de l’Efcadre Françoise,non seulement de commettre des hostilités contre les vaisseaux Anglois,soit conjointement avec les Espagnols, ou séparément, mais de concertermême avec eux des mesures pour attaquer une des principales ColoniesAnglaises dans l’Amérique ; & cela dans le tems même que le Ministre deFrance à Londres déclaroit que le Roi son Maître étoit éloigné de toutepensée de rompre avec la Grande Bretagne. On parloit de L’infractioninsoutenable des Traités en réparant & fortifiant Dunquerque , de laréception du fils du Prétendant, de Pembarquement fait à Dunquerquepour envahir PAngleterre , tout faits reconnus & avoués par les Fran-çois. A l’égard de l’ìnsinuation, que le Roi avoit tenu une autre con-duite en Angleterre, qu’il n’avoit fait en Allemagne, on remarquoic très-bien, qu’il ne s’étoìt engagé à la neutralité qu’en qualité d’Electeur de Ha-novre & non comme Roi d’Angleterre.
Après ia déclaration de guerre, la Cour de France jugea à propos de Campagne
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