HISTOIRE DE FRANCE. Lit. XXIII. ss?extraordinaire de France, eut ordre de demander l’Infanted’EspagnepourS ectiohle Dauphin. Le Maréchal de Belle -iíle & Je Chevalier son frere furent XXI -arrêtés à Elbingerode par un Magistrat Hanovrien, & envoyés en Angle- xvterre. Cette prise fit grand bruit, & il n’est pas aisé de justifier Je refu sjMàpré-que fit le Ministère Anglois de les laisser jouir du privilège du Cartel, pour sent.
être mis à rançon comme prisonniers de guerre. . L’assaire fut néanmoins--—
accommodée ensuite, & les deux illustres prisonniers furent mis en liberté.
Durant l’hiver de l'année 1744 Jes François firent de grands ravagesdans l’Evêché de Cologne. Quand l’Electeur se plaignit de ce qu’ilsprenoient des quartiers dans ses Etats, Je Maréchal de Maiilebois lui envoyason Aide de camp, pour l’assurer qu’ils agiroient en amis. „ C’est-là pré-„ cisément ce que je redoute, répliqua l’Electeur, car j’ai toujours vu que„ les amis des François ont plus à souffrir d’eux que leurs ennemis”.
L'Empereur Charles Vil. mourut au commencement de J’anne'e 1745, Mort deprincipalement de chagrin, à cequ’on prétendit; son fils qui soi saccada l ’ Eml>e>eurs’en seroit vengé sur Jes François, fans vingt-cinq mille hommes , quiétoient logés dans ses Etats, ou dans le voisinage. La conduite du Ma- campeneréchal de Saxe durant Ja campagne précédente, Jui procura le commande- de Flandre/,ment de l’Année Françoise en Flandres, immédiatement sous le Roi, qui r? 45 -déclara qu’il vouloit faire la campagne en personne. Ses Ministres publiè-rent que son Armée seroit de cent - vingt mille hommes, avec cent-cin-quante pieces de gros canon & soixante mortiers, <St que l’Armée d’Alle-magne seroit à proportion aussi forte. Les François se mirent de bonneheure en campagne & avec un avantage infini, les Alliés n’aiant rien à leuropposer, pareequ’ils perdoient le rems en négociations ridicules, & enefforts inutiles pour éveiller les Hollandois & leur faire connoitre le danger.
Le Duc de Cumberland, quidevoit commander l’Armée des Alliés, n’ar-riva à Bruxelles que le 10 d’Avril, & fit la revue de l’Armée; mais lesFrançois formerent vers ce tems-là le siégé de Tournai. Cette Place étoicsi importante, que son Altesse Royale résolut de risquer tout pour la dé-gager. La Place fut investie le 26 d’AvriJ. Les fortifications étoient{'ouvrage du fameux Vau ban ; les Habitans a voient de l'indination pour laFrance; & les Hollandois, touc circonspects qu’ilsavoient paru jufqu’alors,furent les premiers à prier son Altesse Royale de risquer une bataille, plu-tôt que de laisser prendre cette ville. L’Armée des Alliés étoit moins for.te que celle de France. II n’y avoit que huit Escadrons Autrichiens,commandés par le vieux Comte de Koningsegg, quoiqu’i! fût question dela cause de leur Maîtresse. II y avoit quarante Escadrons & vingt - fso ba-taillons de Troupes Hollandoises, mal disciplinées , lâches & qui n’a'>as-soient pas de bonne toi, sous les ordres du Prince de Waldek; en forte queson Altesse Royale ne pouvoit faire fond véritablement que sur vingt Esca-drons 6t vingt-six bataillons Anglois; toute son Armée n’alloic pas à plusde cinquante mille combattans.
L’Armée de France étoit de quatrevingt mille hommes, fans compter B ita ;iie dedixhuit mise qu’on avoit laissés pour continuer le siégé de Tournai, & six fontenoi.mille qui gardoient les ponts fur J’Escaut. Le matin du 7 de Mai, le Roi
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