Chap. XI. de la Construction des Bajoyers; 211
îls ont recours à des causes étrangères pour en excuser la ruine ,parce que les véritables ne font point saisies par ceux qui n enjugent que superficiellement.
Tandis que nous en sommes fur la prévoyance , je profiterai<le l’occafion pour placer ici ce que j’ai oublié d’observer en par-lant de la nécessité de sonder solidement les Bajoyers. II fautbien prendre garde que le fond qui les soutiendra puisse jamaiss’affaisser, parce que non seulement il en résulteroit un grand dé-rangement dans les parties de l’Ecluse; mais qu’il pourroit enco-re arriver que fur un terrain mol qui se trouveroit extraordinai-rement comprimé de droite ôc de gauche, il refoulât sous le ra-dier , qu’il ne inanqueroit pas de faire bomber, autant ôc plusque le peut causer seau de la retenue, dont nous avons tant faitsentir le danger. En effets ne peut il pas être arrivé qu’on ait at-tribué cet accident à la seconde cause, tandis qu’il provenoitpeut être de la premiere : car comme ce bombement ne se faitque par une gradation insensible, les Bajoyers peuvent de mêmes’être affaissés de trois ou quatre pouces en plusieurs années, fansqu on s’en soit apperçu, ôc il n’en faut pas davantage pour pro-duire le mal dont il s’agit.
5 33* Tout le parement des Bajoyers doit íe faire de pierre de Attention^taille, la plus dure que l’on pourra trouver dans le pays ; se gar- fff J c - ^dant bien d’y en employer de tendre, sur tout aux Ecluses ex- quilfautposées à la Mer, furies côtes où il y a du galet comme a celles e f^ e ^ t aude la haute Normandie, où les flots en châtient qui viennent %sBa.-srapperles paremens avec tant de violence, qu'ils les minent j oyers; «-insensiblement, ôc pénetreroient par la suite le corps de la ma-S°nnerie pour le ruiner, si l’on n’étoit attentif à le réparer. C est préférence.le cas fâcheux où l’on est tombé en construisant les jettées du carrieiHavre de Grâce ôc de Dieppe ,• l’on y a employé pour les pare- rW *mens, de la pierre de Ranville près de Caen , qui n’a pas a beau-COu p près la dureté convenable a de pareils travaux, au lieu qu’onpouvoit s e servir de celle de Fecan ou de la Dogue , incom-parablement meilleure. Il est vrai qu’elle coûte beaucoup plus ;mais si l’on avoir réfléchi au danger de faire usage de la premie-V ?I e8 fréquentes réparations qu’elle occasionne, l’on auroitea / p Cou P d’économie à lui préférer la seconde. J ai vu ar-; . e mer ne cas aune Ecluse du canal de Picardie. M. de Vie,genieur, s opiniâtra d’employer ,pour le parement, la pierreune carrière voisi ne } au p eu ^ ce p e de Saint Gobin, qui est la
eure du pays,& dont on s’étoit servi pour toutes les autres;
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