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21 (1763) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Portugais, des Espagnols, des Anglois et des Hollandois aux Indes orientales ...
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HISTOIRE DE LA COMPAGNIE ANGLOISE"

Section ne peut pourtant pas inférer de-, quil y eut une forte ds commerce-I rect entre notre Iíle & ces Royaumes éloignés ; cette assertion na pas fai-Frenitem lement lapparence de vérité : il est vraisemblable au contraire que nous neííom âfc connoissions les productions de lOrient que par le canal des Vénitiens, qui,des. An- conjointement avec les Génois, les Pisans & dautres Etats libres, se'toientglois tux rendus maîtres de ce riche commerce, depuis le tems que les Barbares duNordIndes. avoient ruiné lEmpire Romain, & avec lui tout le commerce de fOrient ,

3 " ui avoit changé de cours, & étoit passé dAlexandrie à Damas, à Alepc à Trébifonde. Notre Iste recevoit les marchandises de lOrient de Ve-nise , par un gros vaisseau bien chargé qui venoit les apporter tous les ans ;& comme les Vénitiens y mettoient le prix qui leur plaifoit, elles coûtoientdes sommes immenses à la Nation. Cest íur ce pied- que le Commercedes Indes continua jusquau régné de la Reine Elizabcth , quune CaraqueVénitienne extraordinairement chargée fit naufrage sur fille de Wight. Lrvue de ce bâtiment donna une grande envie à nos Marchands de tenter lecommerce par la Turquie, la feule route par laquelle les marchandises desIndes venoient en ce tems- («). Cest ce qui donna naiíîànce au commer-ce du Levant , & ce qui fut le fondement de notre commerce avec lO-rient ; bientôt on le fit directement, fur les lumières que donna le Cheva-valier François Drake , après quil fut de retour en 1580 de son voyage au-tour du Monde (*). 0

Ccmmme Dès auparavant, le Grand-Seigneur avoit accordé des privilèges extraor-de Tur- dinaires pour Rétablissement commerce de Turquie, en vertu dun Trai-1 uîe ' entre la Reine dAngleterre & la Porte. On regardost alors les Mar-chands

(çi) Voy. de Iiapin fous ce régné. Doâfej Hist. Vol. II.

dent ( 1 ). Lorsque les Goths & les Vandales inondèrent lEmpire Romain, le Commercepsr la Mer Rouge & par Alexandrie cessa, & se fit ensuite par la voye de Trébifonde, deDamas & dAlep, d les Vénitiens, les Génois, les Pisans &c. transportoient les mar-chandises des Indes, qui se débitoient non seulement dans les Pays fur la Mer Méditer-ranée, mais en Allemagne, dans les Pays-Bas, en Angleterre, & dans tout le Nord. Cé-toit- ce qui faisoit le Commerce de Bruges, cette ville étant comme le Magazin des Paysdu Nord, dont les Marchands de Bruges échangeoient aux Italiens les marchandises pourcelles de lOrient.

(*) Le Chevalier Guillaume Monfm fut témoin oculaire du naufrage de.la Caraque Vé-nitienne, dont il a donné une Relation détaillée & claire. Après quoi il ajoute : Vers ce tems- nos Marchands de Londres commencerent à faire-réflexion fur les grandes & inellimables richesses que les Vénitiens apportoient dans le Pays, 11s délibérèrent fur la tnaniere davoir ces marchandises par une voye plus directe, & de ne pas les tenir de la seconde main: ils résolurent donc de tâcher dobtenir, par la faveur & les Lettres de la Reine , du Grand-Turc la liberté de trafiquer en droiture dAngle* terre en Turquie , & dans les Etats de fa domination avec des Vaisseaux Anglais, fans être obligés de se servir dautres. La Reine écrivit, & le Grand-Seigneur reçut,, fort honnêtement les Lettres de cette Princesse, comme on le volt par ses Réponse 5 » que lon conserve encore. Enfin on convint des articles , & les Sujets de Sa M 3 ' jesté obtinrent de grands privilèges & des immunités , dont ils ont joui toujours- paisiblement depuis ( 2 ) Ceít ain.fi que nous ouvrîmes un Commerce avec les i Ildes par le Levant, quelques années avant quon entreprît de 1c- faire en droiture. - .

fl) Seklhe, Il;st. Vínct. L. II. Dsndnlt Hist. (~J Sir WiLlitu» MjnÇons Vojag. p. fi*.

di Ven. L. I, \