DES INDES ORIENTALES. Lit. XVII. Chap. VI. 301
ehands de Turquie comme les véritables Négocians aux Indes Orientales, Suc
moyen des Factoreries qu’ils avoient à Alexandrie, à Alep à Da-li J ^ 1 n 1 T-. . 1 s~> 1 o - ~
par
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I.
Mas, & en divers Ports d’Egypte & des Etats du- Grand - Seigneur. Quoi- P re,ní ‘ re *que la Reine eût procuré à ses Sujets le commerce de Turquie pour les f^% cMarchandises de l’Orient, elle sentoit néanmoins qu’il faìioit quelque chose îks kn.’'■•e plus pour rendre ce commerce parfaitement florissant (a) (*). Thorne, glois aux■^íai'diand de Londres, qui avoit demeuré long-tems à Séville, où il avaitac quìs quelque connoiflance du commerce des Indes , avoit représenté à prôpo/ìnonHenri VI 1 L les avantages que le Royaume pourroit retirer du commerce de <* thorne* Orient ; mais on trouva que le plan qu’il avoit formé étoit plus spécieux "que solide. 11 proposoit d’ouvrir un passage par le Nord-Ouest pour aller ^ ns
e n Tartarie, à la Chine ou auCathai ; passage dont on n’a pas encore pu fur- aw-Monter les difficultés. En 1576 quelques Marchands de Londres, le fiat- Ouest.tant de recueillir les fruits de cette découverte, qui abrégeoit beaucoup leVoyage, équipperent deux vaisseaux, dont ils donnerent le commandementa u Capitaine b'orbishsr ; mais il échoua jusqu’à trois fois dans cette entreprise,
Comme ont fait tous ceux qui sont suivi (f). En un mot, après plusieurs
ten-
(a) Lcdiard's Naval Hist. regn. Q. Elizab.
C*) 11 paroìt que notre Commerce au Levant avec des Vaisseaux Anglois étoit fortc °nsidérable en 1512. Hakluyt dit que dans les années 1511 , 1512 &c. jusqu’à l’annéeI S34. plusieurs bons Vaisseaux de Londres, de Soutbampton & de Bristol, trafiquoientinstamment en Candie, à Chios, à Chypre, à Tripoli & à Baruth cn Syrie, Qu’ils en®Pportoient des foyeries , des camelots , de la malvoisie , du muscat & d’nutres. vins,i l’huile , du coton, des tapis, des noix de galles, du poivre, de h canel/e & d'au-tr es épiceries. Les marchandises qu’ils y débitoient consistoient cn manufactures den °tre Pays, comme des draps lins & gros de toutes sortes de couleurs, des toiles,desPeaux de veau , des cuirs &c. Notre Auteur dit que nos Marchands employoient,°utre les habitans naturels de ces lieux, des Juifs & des Turcs, tant ie commerce étoitinsidérable, & pour prouver la vérité du fait, & y faire ajouter foi, il dit qu’il a tiréc , es particularités des grands Livres de compte de quelques-uns des premiers Marchandsl ’ c Londres, tels que le Chevalier Guillaume Locke , le Chevalier Guillaume Bowyer, Al-‘L’tman de cette ville, M. Jean Greíham , & d’autres grands Négocians (1).
, CtJ Jean Cabot & d'autres habiles Mariniers , avant le tems de Ferbi'her , étoient7 opinion qu’il y avoit un passage de la Mer du Nord dans la Mer du Sud, qui abré-Snroit beaucoup le voyage pour divers endroits de l’Amérique, aussi bien que celui desj n des Orientales. On a allégué un grand nombre de raisons pour appuyer cette conjec-’ ( Uïe » qui font toutes plausibles , spécieuses, & s’accordent avec ce que nous connoissonsC u Globe , mais que l’expérience a démenties. Le premier avantage qu’on se proposoitJ 1 ® Ctí tte découverte, c’étoit de se rendre au japon, au Pays de Jesso ôte. par une routePuis aisée, plus courte & plus faine , que celles du Cap Horn ou du Cap de Bonnc-líspc-j.in ce , seroit sans • contredit un avantage infini pour la Nation, & sensible par la feu-inspection du Globe, ou des Cartes de l’Hétrìilphere Septentrional, de pourvoir les, a ys du Nord de nos denrées, & d’ouvrir un commerce avec plusieurs parties des I11-j Cs > qui nous font à présent inconnues. L’immense Pays, soit Continent soit lstes, entre1 Californie & le Jesso, doit par la nature de fa situation fournir des marchandises de^ r ' x > & seroit propre à y faire un bon débit de nos manufactures de laine. Cen’eít donc.
fans raison que l’on a tant écrit sur ce sujet; que l’on a tenté si souvent de faire la«ïcouverte d’un passage au Nord-Ouëst, & en Angleterre & en Hollande.
Sans entrer dans P examen des argumens pour & contre la possibilité de cette décou-verte
(r) V. Hif. Collcct. V. II. p. xS. LeJUrd's Nuv, Uiji, B. I, C. 22. p. Si,
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