DES INDES ORIENTALES. Lir. XVII. Chap. VI. 309autres choses il apporta trois-mille - quatre-cens - quatre vingt-un sacsdepoi- SectiohV re. Keelìng avoit envoyé le Capitaine David Middkton auxMolucques, où „ II ‘ j áìi prit une partie de fa charge ; ayant mis à la voile, il entra dans le Dé- KeelfngG?troit de Bangaye , & reçut beaucoup de civilités du Roi de Bvtun, qui vint aun es tx-à son bord. Après avoir achevé fa cargaison par le moyen' de quelques Vais- ptàitians*'
""seaux Javanois, il retourna à Bantam ; mais l’Amiral en étant déja parti,--
il fit voile pour IAngleterre, ayant fait un voyage fort heureux & avanta-geux. Le Capitaine Guillaume Haukins , qui étoit pafle avec cette Flotte enfinalité d’Ambassadeur pour négocier un Traité d’Alliance & de Commerceavec le Grand-Mogol, exécuta cette commission avec beaucoup d’adresse,de prudence & de succès (a).
Avec le privilège de traverser les Mers & de porter ses marchandises aux LaCampa-extrémités de l’Inde, il manquoit à la Compagnie un avantage dont quel- è>‘ic man-fines autres Nations jouissaient depuis longtems, & qu’elles s’efforcoient de q * e ^jour en jour d’augmenter. Les Portugais & les Espagnols avoient des Ports j^pou^ydont ils étoient les maîtres, des Forts qu’ils avoient bâtis, régulièrement umïdìtr.fortifiés & pourvus de bonnes Garnisons, des Provinces entieres dont ilss’étoient mis en possession par l’artifice ou par la force, & dans lesquellesils étoient indépendans. Les Hollandois, à leur exemple, avoient com-mencé à se fortifier en plusieurs endroits, & par ce moyen avoient ré-duits les habitans à la soumission, & s'étoient appropriés le droit exclusifde commercer, empêchant les Naturels de faire aucun trafic avec les Etran-gers (/;). Quelques raisons que l’on puisse alléguer contre la justice de ceprocédé, on ne peut disconvenir qu il ne fût très-avantageux, en ce qu’ilìes mettoit à couvert des effets de l’inconstance des habitans, leur assuroitUne barrière contre eux & contre ceux qui voudroient aller fur leurs bri-sées , & qu’en méme tems ils avoient des magazins à la faveur deíquels ilsûe eouroient pas risque de renvoyer leurs vaisseaux à vuide, & pouvoientprofiter des occasions où les marchandises étoient abondantes & à bon mar-ché. Au-lieu que les voyages pour la Compagnie étoient encore nécessai-minent incertains, dépendans non seulement des Saisons & du prix desmarchandises, qui souvent se haussoit, ou que d’autres avoient enlevéesdéja, mais atiffi du bon-plaisir des Hollandois & des autres Puissances queleurs Forts mettoient -en état de leur refuser feutrée des Ports ou de les yadmettre. De cette maniéré les Angloì's étoient le jouet des caprices desEuropéens établis dans les Indes, & des Indiens qui souvent étoient dégoûtésdes Européens. Leurs succès dépendoient entierement du bazar d, de la. bon-ûe volonté des Indiens & des Européens, ou de l'adresse & du courage deteurs Officiers & de leurs Facteurs. Mais fexpérience journalière'&l’exetn-Ple des autres Nations les convainquirent bientôt qu’il falloit joindre la for-S? au titre de Marchands. Ainsi les réflexions, l'exemple, l’honneur &
1 intérêt, tout se réunit à porter la Compagnie à se départir de ses pretnie-* e , s maximes & à prendre une autre conduite, de quelque façon qu’oneûtpclamé contre les usurpations des Portugais, des Espagnols & des Hol-‘‘ûdois. Le traitement que Middkton avoit reçu à Banda confirma les
An-
( a ) Fur chas ibid. (f) Recueil des Voyages. T. Vllk
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