3 o8 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE ANGLOISE
Section mérite d’être rapporté (*)• Les Anglois avoient fait un Traité avec ceux"yo a^'e d â- Puloway pour établir un Comptoir clans cette Iíle, à quoi les Hallan-Kedfng dois s’opposèrent par toutes fortes d’intrigues, de chicanes & de tours. Lesautret Ex. Anglois eurent en même tems avis que les Hollandois avoient dessein dsséditions, bâtir un Fort à Banda, connoissant de quelle conséquence cela ferait pourT” . - - leur commerce : ils proposèrent à quelques-uns des principaux de fille dedesllol Ia Ieur remettre pour le Roi d’Angleterre par des raisons importantes, a-Iandosi. vant que les Hollandois eussent exécuté leur projet. Cette proposition futbien reçue en apparence, mais d ms le fond les Insulaires & les Hollandoiss’accordoient fecrettement à tromper les Anglois. Pur chas assure ( a ) queles Insulaires signèrent une Capitulation conçue dans les termes les plus fortspour fe rendre aux Anglois : quoi qu’il en soit, il est certain qu’ils n’avoientnullement dessein de la tenir (f). Au fond les Bandanois & les Anglois furent lesdupes des Hollandois, qui les traitèrent avec le dernier mépris & avecbeaucoup de hauteur, quand leur Fort fut achevé & qu’ils n’eurent plusrien à craindre d’eux. Le ressentiment des Bandanois confirma les soup-çons de la conduite artificieuse des Hollandois ; après les avoir chassés avecbeaucoup d’intrépidité du Fort, ils tuerent le Résident & plusieurs autresOfficiers ; & ils auroient tous été massacrés, si les Anglois ne s’étoiententremis & n’avoient pris les Hollandois fous leur protection : ils en fu-rent payés par des restrictions déraisonnables pour leur commerce, & en-fin par un ordre exprès de partir avant qu’ils eussent toute leur cargai-son (j-). Malgré I’ingratítude, les intrigues & les injustes oppositions, cevoyage fut extraordinairement heureux, fur-tout aux Molucques, nonob-stant tout ce que purent faire les insidieux Hollandois (/;).
Succh de Keeling arriva aux Dunes, richement chargé, au mois de Mai i6io,&Kceling. ce qu’il y a de fort extraordinaire, fans avoir perdu un seul homme. E nti'S
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(«*) T. IV. Voyage de Keeling. (h) Ledìarà, p. 404, Harris Çollect, P. P. 73.
(*) En arrivant á Piste de Néro , il délivra les Lettres du Roi d’Angleterre aux Of^‘enyes , ou Etats de Piste, & elles furent bien reçues. II en fit autant à Latuor ou ban'ld'11 convint ensuite avec les Orancayes de Puloway d’établir un Commerce avec eux, & 1111Comptoir; il reçut d’eux deux-cens-vingt-cinq Katis de fleur de muscade & treìzc-cen 5 'sept katis de noix.
(f) li est certain que les Istes de Puiowai & de Poleron s’engagerent à- Keeling par lîI1Acte écrit, de ne livrer leurs noix & leur fleur de muscade qu’aux Anglois. Ils dirent dan 5cette occasion, que les Hollandois n’en auroient pas une poignée, & qu’ils les lai^'roient plutôt pourrir, que de les rendre utiles à ces rustres. Ce fut peu de tems aprèsles Orancayes de Néro attirèrent les Hollandois dans une embuscade, d’où ils fe fau ve 'rent par ['humanité des Anglois (r).
(J.) Nous croyons devoir avertir une fois pour toutes, que malgré toutes lespromest',dc nos Auteurs, on 11e doit pas compter entierement fur leur impartialité, quand stquestion des Hollandois; 011 fera bien de voir comment ceux-ci rapportent les faits,ne fera peut-être pas difficile de démêler de que! côté est la vérité. Nous ne prétegJ 00nullement que les Hollandois n’ayent jamais eu tort, mais nous avons de lapeine à ct ° "re que les Anglois ayeiît eu toujours raison. Rem. du Tiud.
(1) Purcbas, Vol. IV. Hist. Géa. des Voy. T. II.