Buch 
21 (1763) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Portugais, des Espagnols, des Anglois et des Hollandois aux Indes orientales ...
Seite
329
JPEG-Download
 

DES INDES ORIENTALES Lit. XVII. Chap. VI. Z 29

& de Cambelle,' & tous les Officiers de la Compagnie furent amènes àAm- Secttoskoine, chargés de fers. III-

, Aussitôt quon les eut tous arrêtés , le Gouverneur & le Fiscal pro- J >émc [ ! éicédèrent à linstruction du procès; ils firent revenir Jean Beaumont &- AngíoisVviothée Johnson, quon avoit envoyés à bord , & les firent séparer. On toHoIlan-mit Johnson à la torture pendant que Beaumont étoit dans une chambre doìsiAfai-v oisine, dòù il pouvoit entendre les gémiffemens & les cris de son mal- s 0 ^ m 'heureux compagnon ; après lui avoir fait souffrir tous les tourmens quils -° meJugèrent à-propos, P vice lui fut confronté, mais Johnson ayant persillé àmer tout ce dont on le chargeoic, on fit emmener Price, & on lappli-fiua de nouveau à la question. Pendant plus dune heure il soutint constam-ment son innocence, & quil navoit aucune connoiffance de cette affaire,Nonobstant les tourmens quon lui fit souffrir ; & enfin ayant été inondéheau , tout son corps fut cruellement brûlé, & on le jetta dans un coin,

°ù on le mit fous la garde de quelques Soldats (a). Que lon peut juste-ment appliquer ici ces mots de Virgile , Auri sacra famés, quid non mort a-Ha pecìora cogis ! Rien ne put égaler linhumanité, la cruauté & la barba-re des Juges, que la constance de quelques - uns des accusés. EmanuelThomson prit la place de Johnson, & on lui fit souffrir les mêmes tour-mens mais moins, longtems, 11ayant été quune demi - heure à la question ;on le mit ensuite à quartier, pour amener Beaumont , qui avoit entendutoute cette cruelle scene : pendant quon le mettoit en état détre tortu- , il nia le fait avec des sermons & des imprécations horribles, desortefion le renvoya , le Gouverneur disant quil avoit pitié de lui, à causestnil étoit vieux. Le lendemain on en fit revenir neuf autres de dessus lesstaifieaux : Edouard Collins nia toute laffaire avec les plus terribles exécra-tions, on lattacha alors par les mains & les pieds, on lui mit un mouchoirAutour du col, & deux hommes se préparèrent à lui donner la question parl oau. La vue de ce supplice lobligea de demander du répit, en promet-la nt de faire une confession sincere ; mais on neut pas sitôt ôté ces cruelspréparatifs, quil recommença à protester de son innocence avec une nou-v dle force. Le Fiscal irrité de fa persévérance ordonna quon le mît à lagestion, alors il demanda grâce encore & réitéra fa promesse ; maisF°mme je sai, ajouta-t-il, quels tourmens vous pouvez me faire souffrir,.

L suis prêt de confesser tout ce quil vous plaira, pourvu que vous memêliez auparavant ce que je dois dire. Ayant ensuite gardé quelques mo-yens Je silence, il confessa quil y avoit quelques mois que lui & quelquesaiî tres des prisonniers avoient conipiré de surprendre le sort, avec 1 assi-stance des Japonois. Le Fiscal sinterrompit pour lui demander si TowcrfonN étoit pas entré dans le complot; il répondit que non. Le fiscal lui dit °rs quil mentoit , & le pressa davouer que Towerson avoit assembléstais les Anglois , & leur avoit représenté que les insultes & l'insolenceíst s Hollandois lavoient obligé de former un projet dont le succès étoitfaillible, sils y cohíentoient & sils gardoient le secret. Un líoilandois.

( a ) DoJJIepi ílist, of the East Indies, Vol II. '

Tome VIL ' T t

qui

1