DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Cííap.'VL 331lé avec tant de peine & de douleur. Lorsqu’il eut soutenu ce second sup- Sectiosplice avec la même constance , le Fiscal & ses Bourreaux dirent qu’il II ffalíoit qu’il eût un charme, qu’il fût un Sorcier ou un Diable pour foute- Démê ‘ ésnir d’ainìì insupportables tourmens. S’imaginant que le charme pouvoit ré -«77 - eS tasider cans ses cheveux, le Fiscal ordonna qu’on les lui coupât, & on mitHol'lan-en œuvre un troisième trait d’inhumanité. On le hissa comme aupara- dois i/ifci-Vant, après quoi ces scélérats féroces lui appliquèrent des torches arden- fBm-ws à la plante des pieds jufqu’à ce que la graisse qui en découloit lp.s bomg ‘éteignît. On revint à la charge avec d’autres, mais inutilement; alors ilsPorterent leur diabolique barbarie jufqu’à lui appliquer le feu aux paumes-des mains & aux bras; épuisé enfin & surmonté par les tourmens, il parutvouloir se rendre, mais comme il n’étoit pas en état de former une déclara-tion qui pût paroître croyable, ses Juges furent obligés de le guider pardes questions si bien ajustées, qu’il lui étoit impossible de ne pas compren-dre leur intention (a). Cependant avec toute leur cruauté & leur ruse, toutce qu'ils purent tirer de lui, se réduisoit à de simples Oui & Non , selonqu’il remarquoit qu’ils le souhaittoient. On le fit emporter dans l’état oùil étoit par quatre Noirs, & jetter dans une noire prison; il y resta sansqu’un Chirurgien vînt panser ses playes, desorte que les chairs setant pour-ries il s’v engendra des vers, qui ne le firent pas moins souffrir. Ainsifinit la Chrétienne Occupation du Dimanche ; car il faisoit déja nuit avantqu’011 eût fini avec lui. Les prisonniers qu’on avoit amenés de Hito , & quipendant tout le jour avoient attendu que leur tour vînt, furent renvoyés ,&enfermés dans le même lieu que Clark & ses compagnons de souffrances,chargés de fers (b).
Le lendemain matin on amena dans la chambre de la question Guillau-me Griggs , Jean Fardo & quelques Japonois ; on força par toutes sortesde cruautés les derniers à accuser les deux Anglois ; & Griggs pour éviterles mêmes tourmens, avoua la vérité de leur déposition. On en usa de mê-we à l’égard des autres Japonois & de Fardo , mais celui-ci persista à nierle fait, jusqu’à ce qu’on lui eût fait souffrir la question de seau. Quandils eurent confessé on les renvoya en prison, & l’on ramena Beaumont.
On lui confronta Griggs, qui l'accusa d’avoir été présent quand la con-spiration avoit été formée ; ce qu’il nia avec les plus fortes exécrationsde les sermons les plus terribles, jusqu’à ce qu’il fût contraint d’avouerpar la question de seau ; mais dès qu’il fut soulagé, il déclara nonseulement que tout ce qu’il avoit confessé étoit faux , mais même im-possible , comme il le prouva par plusieurs^ circonstances. Lela n’empê-cha pas que la crainte d’une nouvelle torture ne l’engageât à signer faconfession, après quoi on lui mit deux chaînes d’un poids ^insupportable2nx jambes, & on le renvoya dams la puante prison dont on l’avoit tiré (c).
On examina ensuite M. George Slmroc.k , qui avoit été quelque tems
(«à DoMey , Vol. II. Vol II. Mari. Collection of Voyag. Vos
O) Dot/siiy Iliít. of the Eaû Indies, VIII. p. 246.
(0 Saluions Ma J. Hist. Vol. 1. p , i 3 <j.
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