342 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE ANGLOÍSESection d’autant de sens que Towersun doit avoir pesé cette cirçonstance. MaisI- III. en passant fous silence mille absurdités qui se trouvent dans l’Apologief Dimê ‘ ÍS des Hoílandois , ne doit-on avoir aucun égard au témoignage de gensAnglois íí aulìi unanimes à nier le fait, que peu d’accord dans leurs conseillons ex-kì Hollan- torquées par les plus cruelles tortures, tirées d’eux par la ruse & la email-dois: dffeti- té des Juges,& par les terribles impressions de la question la plus rlgoureu-red'Knx. f e p ar j’ eau & ] e feu ? j\ T e doit-on ajouter aucune créance à la révocation)0ine ‘ ferme, constante & imiforme d’une confession extorquée de cette maniéré& inconsistante avec elle-même ; révocation faite dans les instans les plusredoutables, furies bords de l’éternité, moment où la conscience parle,où toutes les considérations humaines s’évanouissent, où ils n’avoient de-vant les yeux que la mort, le jugement, & le compte qu’ils dévoient ren-dre devant le formidable tribunal de Dieu ? Certainement, quelque insensi-bles & endurcis que fussent les cœurs du Gouverneur & du Fiscal, quelleque fût leur avarice, leur crainte, ou leur cruauté dans ce qui s’étoit passé,une pareille preuve clevoit les convaincre.
Raisons de D’autre part plusieurs motifs pouvoient porter les Hoílandois à une ac-j'oupçonmr t j on cruelle, dont ils ne craignoient point de conséquences , auxquelles</« Hol- /e ^ eur pudfance, leurs ruses & leurs richesses ne ? pussent remédier. Leuríandois. avarice fuis bornes, le violent désir d’être maîtres de tout le Commercedes Molucques, de Banda & d’Amboine, leur jalousie constante des pro-grès que les Anglois faisoient dans les Indes, & plusieurs autres circon-stances, nous portent à croire qu’une Nation, quia pour fondement defa puissance, à pour principe vital de fa constitution, l'acquisition de l’ar-gent, ne doit pas avoir été fort scrupuleuse ni délicate dans une affairequi lui procuroit à si bon marché de si grands avantages (a). Le tempé-rament phlegmatique, froid & ferme des Hoílandois, fait que certaines-actions, qui font à peine croyables en d’autres Nations, font très-compa-tibles avec leur caractère. Peut-être que la douceur, l’indolence, la cor-ruption, & la timidité de notre Cour en cetems-là, contribuèrent à le sdéterminer à risquer un expédient également important à leurs intérêts &honteux à la Nation. Le Roi, dont la foibleffe ne pouvoit être égaléeque par la bonne opinion qu’il avoit de lui-même, pouvoit être détournede ce que demandoit la gloire & fintérêt de la Nation par une dispute de_ Théologie, où on lui faisoit le bel honneur de le prendre pour arbitreítandis que ses Ministres, aussi avides qu’indigens , sacrisioient le bien del’Etat, l’honneur du Royaume, & leur propre réputation à l’indigne p aS *sion de contenter leur insatiable avarice , appuyée par des raisons égah'ment solides non seulement pour un Hoílandois, mais pour un Ilottentof*Mais outre que les Anglois & les Japonois ont unanimement nié le ^ iilí -jufqu’à leur dernier moment, les Hoílandois ne trouvèrent ni papier, í 11Lettre, ni indice pour appuyer leurs soupçons, après qu’ils eurent su"'fouillé & pillé tous les coffres, les boètes & les cabinets des Fact ell! ?'C’est-là-deifus & fur une infinité d’autres présomptions que la Comp^S^
(d) K Temple, llemarq. fur les Prov. Unies, Ch. VI.