DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VI. 341quatre jours auparavant ? Ils ne pouvoient compter fur la fidélité & Sectionmr la constance de ces malheureux, au milieu des cruels tourmens de la T 1 ;,torture ; & ils ne pouvoient s’imaginer , que le but de la question étant e ^g K /f s sd extorquer une fausse confession, que- le Gouverneur Hollandojs n’auroit An ? 4 ois â?'^ucun égard aux dépositions contre eux, fur-tout après les derniers dé-/«Hollaii-Riêlés qu’ils avoient eu avec lui. On pourroit encore- demander comment doi s-./Jfai-t'ouze ou quatorze Anglois avec un pareil nombre de Japonois, fans au-"í^ ra ‘
Cu n Officier militaire parmi eux, ont pu entreprendre avec la moindre ef- _1—
pérance de succès de s’emparer d’une Place bien fortifiée, où il y avoitjure Garnison de deux ou trois-cens soldats, outre un pareil nombre desilices, prêts au premier ordre, & incontestablement affectionnés ? Ou Inmcmcemppofé qu’ils eussent eu le bonheur de réussir dans le projet de s’empa-du Château, nonobstant les foins d’un Gouverneur vigilant, rusé oê g01i 'soupçonneux, & la force de Troupes régulières, avec quelle apparence pou-v oient-ils fe flatter de conserver leur conquête ? Tmverson , Cols on & quel-les autres Anglois paraissent avoir été gens de sens, qui ne pouvoientëueres adopter un semblable projet, supposé que quelques tetes chaudes^ imprudentes le leur eussent proposé. On ne volt que deux témoinsContre Towcrson en particulier : l’un dit qu’on lui a fait une telle propo-rtion, & qu’il fa rejettée avec indignation. L’autre déclare avant & aprèsL question , que ce qu’il va confesser & ce qu’il a confessé, n’est qu aÇaisse des cruels tourmens qu’on lui a fait souffrir, dont il a voulu se dé-givrer à tout prix. En supposant donc que le Gouverneur étoit en droittie prendre connoissance du crime, & qu’il se trouvoit des coupables, lotissiuel prétexte & en vertu de quelle preuve a-t-on exécuté Tuwerson , leGhef des Anglois dans fille? Mais on trouvera la prétendue conspirationsautant moins vraisemblable, si l’on considéré que toutes les armes que.f 3 . Anglois avoient pour entreprendre une action aussi hasardeuse, fe ré-,
"tiifoient à trois vieux sabres, deux mousquets hors d’état de servir, u-demi-livre de poudre, & un peu de dragée (a). Mais, dit-on, le desseinJ1 étoit peut-être pas de s’emparer du Fort, mais de le faire sauter, commeparait par la confession extorquée d’un des criminels. Mais une de-nn - livre de poudre étoit-eîle suffisante pouf une entreprise aussi désespé-rée? Supposé quelle réussît, les Anglois avoient-i!s dessein de s’ensevelirs°Us les ruines ; ou avoient-ils dessein de se défendre contre les Garni-fissis des trois autres Forts de fille, & contre les Equipages de plusieurs' aisseaux Hollandois qui étoient à la rade ? On conçoit qu’un homme
d’au-
(á) La Collection de Voyages citée. Harrh Collect. Sc Doijleys Hist. 1. c.l'cr ipfim Iiegcm propriâ manu Jìgnatum,
1 Rous avons rapporté ce Traité tout du long, pour faire voir combien peu les Hol-s> ‘ 1 'dois refpectoient les Alliances , ct. les Traités les plus solemnels , dès que l'intérêcj? 11 mâloit. Le Lecteur pourra , fans notre secours, tirer des conséquences de ce Trai-Pa’ ( ‘ e ce T ie nous avons rapporté de la conduite de ces dignes Alliés , qui ne feronts ‘°rt L l’honncur des deux .Nations. .
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