DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VI.
qu’au jour. La Forteresse de Magazan, bien-que défendue par quator- Sscnoîîze pjeces de canon, & presque inaccessible par sa situation, fut abandon- ** M.née à l’approche de l'ennemi, sans que la Garnison eût tiré presque un Démêlé *coup. L’Officier qui y commandoit se retira avec autant de précipitation AiTío^â?que de lâcheté, ensorte qu’il laissa tout ce qu'iî y avoit en proyë aux Mau- ^Hoilan-res. Dix coffres d’argent, contenant chacun mille Livres sterling & quatre dois -.Jjsai-coffres d’armes neuves, entre autres choses, tomberent entre les mains desennemis, quoique les Matelots eussent offert de les emporter sûrement. boine - ^Comment ces coffres avoient été déposés à Magazan, c’est ce qu'on n’a ja-mais pu savoir, & on n’a pas mieux compris par quelles raisons l’Officieren fit présent à I’ennemi. Ce qu’il y a peut-étre de plus surprenant encore,c’est que jamais il n’a été appellé à rendre compte de fa conduite. Les mor-tiers , les bombes, les munitions & les provisions tomberent aussi entre lesmains de Sedte. Profitant de la mauvaise manœuvre des Anglois, ce Gé-néral détacha un Parti pour piller les Paysans de Mahim , & pour recon-noître le Fort, s’imaginant qu’il pourroit bien avoir été abandonné commeles autres. II ne se trompoit point, la Garnison s’étant embarquée dansdes chaloupes pour Bombay, avant que de voir le détachement. II éta-blit son quartier général à Magazan, & après avoir planté ses Enseignesfur les remparts, il envoya des Partis pour inquietter & insulter le Géné-ral Anglois, qui étoit piqué des suites de son imprudence. Le CapitainePéan eut ordre d’aller à la tête de cinquante hommes déloger les enne-mis des hauteurs de Magazan ; on lui donna pour Lieutenant Munroc ,
Officier d’expérience. Ce petit détachement s’avanca en bon ordre jus-qu’à une portée de mousquet des ennemis, qui étoient derriere un terreinélevé, qui les couvroit contre le feu des Anglois. Les Mauresattendoient-là qu’on les attaquât, Monroe ayant observé leur posture, conseilla à Péande faire deux pelotons de son monde, pour enfoncer plus aisément l’In-fanterie Indienne. Le Capitaine rejettant fièrement ce bon avis dit au Lieu-tenant , que quand on lui donneroit le commandement il seroit ce qu’il luiplairoit; que comme on le lui avoit confié, il agiroit suivant ses propreslumières. II ordonna ensuite à ses gens d’étendre leurs rangs autant qu’ilLu r seroit possible, & de faire une décharge générale fur les ennemis,ffiand ils les verroient à découvert ; il prétendoit que c’étoit-là le moyende jetter la terreur parmi eux. Monroe s’oppofa vivement à cette diíposi-,don, il représenta au Capitaine le danger où il seroit, si les ennemis avan-S’oient pendant que ses gens rechargeroient. Mais Péan s’opiniâtra , &ordonna de faire feu comme il l’avoit réglé: la fuite fut telle que Mon-t«e l’avoit prévue. Les ennemis qui étoient plus légèrement armés que les-dfiglois, très-habiles à combattre de près avec le sabre & le bouclier-, &dfx fois plus nombreux, saisirent le moment décisif, tomberent tous fura Oupitaine, & par leur poids pénétrèrent bientôt les rangs peu épaissiesiffiglois. Un mouvement si brusque & si prompt épouvanta tellement leCapitaine, qu’il se retira avec une vitesse incroyable vers une Eglise Por-dgaise, où il y avoit cent hommes pour le soutenir au besoin. Monroeferme avec une partie de s ai le qu’il commandoit, ce qui se réduisent à
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