iz8 HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect.VIII. de Louis V, auprès duquel il avoic passé douze années, & qui par la mé-1 HJt. d’AI- diation du Margrave de Brandebourg & du Duc de Poméranie parvint à ter»lemagne, ruiner par un traité de paix, les anciennes contestations qui íubsistoient de-
1314-1400 . p U j s tant â'^nnées entre les Princes de Holstein & la Maison régnante enDannerrarck (1).
La paix régnolt en Allemagne, & le même Monarque, Louis V qui l’yavoit solidement établie, s’occupoit tout entier des moyens de la perpétuer ;il parcouroit, non en Roi qu’on redoute, mais en Prince chéri les provin-ces, s’arrêtoit dans les villes, écoutoit les plaintes, jugeoit les différens, veil-loit à l’administration de Injustice, poursuivoit lui - même les brigands, fai-soit exécuter les réglemens des dietes de l’Empire, & n’avoit pour ennemisque les perturbateurs du repos public. Content du bonheur & de la paixqu’il avoit procurés à l’Empire & à l’AUemagne, il revint tenir fa cour àMunich, où il donna un magnifique tournois, dans lequel se signalèrent,plusieurs Seigneurs de l’Empire& plus qu’eux Raoul, Duc de Lorraine, fils deFrideric IV, mort en 1329. Raoul étoit très-jeune encore quand la mort luienleva son pere; mais Isabelle d’Autriche sa mere fut déclarée Régente, &elle se conduisit avec tant de sagesse, de prudence & d’habileté, que lejeune Raoul gagna beaucoup sous une telle administration: il y avoit peude tems qu’il avoit eu le malheur de perdre Isabelle, lorsqu’il se rendit kn Munich (2).
Mort de Bé- Le fut à-peu près dans ce tems que mourut aussi Bénoit XII. II futndt XI 1 : amerement regretté, & il méritoit de l’être. On lui donna pour succefièur leElection de Cardinal Pierre Roger, François d’une naissance distinguée, jadis Moine enPitne Ro- Auvergne dans l’Abbaye de la Chaise-Dieu, nommé ensuite par le Papeprend îe Jean XXII à l’Abbaye de Facamp, d’où il étoit passé h l’Evêché d’Arras ;nom de Clé- élevé en France au poste de Garde des Sceaux il le quitta pour l’archevê-ment Vl. ché de Sens, d’où il fut transféré à l’archevêché de Rouen, qu’il possédoitI G 4 -i- ] 34 2 " encore lorsqu’il fut élu Pape; il prit le nom de Clément VI; il se donna biendes soins pour rétablir la paix entre la France & l’Angleterre, mais sur-tout il ne perdit point de vûe l’Italie, divisée toujours par les factieux, quis’y faisoient une guerre perpétuelle (z).
A la tête d’une armée, Louis V étoit alors dans le Tirol dont il s’étoitemparé comme appartenant à son fils du chef de Marguerite. Clément VIcraignant que l’Empereur ne passât du Tirol en Italie, envoya des ordres kson Légat, qui, ligué avec tous les Princes Lombards se disposoit h fermeraux Impériaux le passage de l’Italie ; mais la présence de Louis V étoit tropnécessaire en Allemagne pour qu’il songeât à franchir les Alpes. Les mesu-res que prenoit le nouveau Pontife firent juger qu’il ne tarderoit pas à fedéclarer l’ennemi de l’Empereur. Clément VI en effet étoit d’un caractèredTaiment trop ambitieux pour vivre en bonne intelligence avec le chef de l’Empire..YL. Inquiet, intriguant, hardi, entreprenant, téméraire & d’une violence ou-
trée , Pierre Roger avoit de la puissance Pontificale une plus haute idée que
Ci) Huitfeld /M. Dan. Tom, 3. Meurfius H\H. Dan. ai ann. 1340. Pontanus Re.rum Dan. tììst. ad ann. 1340. (r) Histoire it Lorraine. L. 26. (3) Baluz. Fit.
Papar. Âvuilon. 284, 311.