Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
149
JPEG-Download
 

D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIIL 149

Le Marquis de Brandebourg s’y rendit, escorté de 2000 chevaux : mais le ^

Roi des Romains trop prudent ou trop timide: pour paroître à un tel ren- leinagne,dez-vous, se contenta d’y envoyer des atnbaílàdeurs, avec lesquels à peine 1314-142-?.Louis de Bavière étoit entré en négociation, qu’il apprit que Charles, suivi ———

d’une armée avoit fait une irruption dans le Comté de Hollande, qu’il vou-loir enlever à Guillaume, frere de Louis. Une nouvelle plus allarmante en-core obligea le Marquis de Brandebourg à rompre brusquement la négocia-tion. II apprit que pour usurper sur lui-même le Brandebourg, Rodolphe , insigne tr*.Duc de Saxe, & le plus zélé des partisans de Charles, avoit gagné un mal- hifon deheureux de la lie du peuple, qui reílèmbloit à Waldemar, dernier Marquis ( - ìla,tes *de Brandebourg, duquel Louis tenoit l’Electorat, & qu’on avoit déja faitcroire à la populace d’être le véritable Waldemar, qui n’avoit fait répan-dre la fausse nouvelle de sa mort, qu’afin d’être plus libre d’accomplir unelongue pénitence qu’il s’étoit imposée. D’après cette fourberie, le Roi deBohême qui feignit de reconnoître Waldemar dans cet imposteur, alla faireincursion dans le Brandebourg où il se rendit maître de plusieurs places (i).

Louis de Bavière indigné de tant de perfidie vola à la défense de son Elec-toral, remporta les plus grands avantages fur les Bohémiens, qu’il contrai-gnit de s’éloigner, & se liguant encore plus étroitement avec les trois Elec-teurs , il tenta les plus grands efforts pour détacher les peuples de l’obéiflan-ce de Charles: mais, encore plus actif que ses ennemis, le Roi de Bohême, àforce de promesses & de bienfaits ramenoit plusieurs villes dans son parti ; &il étoit puissamment secondé par Clément VI qui offroit généreusement lepardon à toutes celles des villes interdites qui reconnoîtroient Charles pourEmpereur.

Tandis qu’en Allemagne Charles IV luttoit par son activité, sa prudence& fa politique, contre les Princes qui vouloíent le renverser du trône, Guil-laume, fils de Marguerite, veuve de l’Empereur Louis, profitant de l'absen-ce de fa mere, qui lui avoit confié l’administration des Comtés de Hollan-de, de Zélande & de Frise, abusant avec ingratitude de la puissance dont ilétoit revêtu, se fit un parti redoutable & tenta d’usurper ces Souverainetés.

Quelque fortement irritée que fut Marguerite de la conduite de son fils, Marguéri.fa tendresse pour-le rebelle 1 emportant, elle lui proposa de lui céder la pro- *f> veuve dtpriété de ces Comtés, à condition qu’il lui affureroit une pension de dix mille ì 1 ^™? e ™ urécus, cette condition étoit infiniment avantageuse à Guillaume; mais il étoitavare encore plus qu’ambitieux, il rejeta la proposition , & persista dans n h Guii-fon projet d’usurpation. Indignée d’un refus aussi révoltant, la veuve de laumejjm-Louis prit la résolution de se faire justice par les armes, & de chasser son ^ ís 'fils de la Hollande & de la Zélande dont il s’étoit déjà mis en possession. Lacause de Marguerite étoit juste; elle fut puissamment secondée par l’Evêqued’Utrecht, & par Charles IV qui lui fournit des troupes: les Frisons sou-levés par l’Impératrice, se soulevèrent contre Guillaume, & elle alla Ren-fermer dans Enchuse, place forte qu’il paroiíîòit vouloir assiéger, pendanrque dans cette ville elle donnoit ses ordres & pourvoyoit à tout en Généralhabile, Didier Bréderode à la tête des troupes de l’Evêque d’Utrecht & du

(1) Spener, T. L. Lib. 2. cap. 2. Cuspin. in Carol. IV. Ctefan.

T 3