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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Lit. XXV. Se ct. VIII. i 6 z

me il leur écrivit une lettre fort curieuse par l’explication allégorique &mystique de tous les attributs, ornemens & vêtemens impériaux (r). Tou- lemagne,”jours émerveillé de l’éloquence d’Innocent, Charles, après avoir reçu la 1314-1403.couronne de fer h Milan, fans éprouver aucune forte d’oppoíìtion, parcou- 'rut la Lombardie où il fut reçu en Prince ami du Souverain Pontife plutôtqu’en Empereur qui passe fur les terres soumises à fa domination. Suivant Charles rt-les instructions qu’il a volt reçues du Pape, & qui n’étoient rien moins que f oit la cm 'flatteuses pour le Monarque qu’il alloit couronner, le Cardinal Bertrandi «»,•..joignit l’Empereur à Viterbe, & ils arrivèrent ensemble à Rome, où après avilit. Javoir promis d’obferver avec fidélité toutes les conditions que le Pape éxi- i 35 î*geoit de lui, il reçut des mains du Cardinal d’Ostie la couronne Impériale,de même que l'Impératrice Anne qui étoit venue joindre son époux à Pise.

A peine cette cérémonie eut été faite, que l’Empereur, la couronne en tête,le sceptre dans là main droite, le globe dans la gauche, monta à cheval escortéd’une fuite nombreuse de Princes & de Seigneurs, traversa Rome & alla dî-ner à S. Jean de Latran, où il reçut une députation des Romains, qui enlui offrant le gouvernement de la ville, comme lui appartenant par droit hé-réditaire, le prioient de les rétablir dans leurs anciens privilèges. Effrayébien plus que flatté de ces offres, Charles, n’ofa les accepter, de craintede déplaire au S. Siégé, nfin même que la cour d’Avignon ne pût point dou-ter de son dévouement, il fe hâta de sortir de Rome, en exécution du lâ-che ferment qu’il avoit fait de s’éloigner dès le jour même qu’il auroit étécouronné (2).

Cette retraite précipitée couvrit Charles IV de honte, & l’humiliant aveu Injures £j*qu’il faifoit de n’ofer prétendre à aucune autorité fur les Romains dont il fe humha-

disoit l’Empereur, le fit mépriser de l’Europe endere, fur-tout en Italie, ?

où dans son retour en Allemagne il essuya les plus sensibles affronts, la po- Italie.pulace de Pise indignée fe souleva, prit les armes, mit le feu au palais oùil étoit logé; plusieurs de ceux de fa fuite surent massacrés, & il eut toutesles peines du monde à se sauver: la plupart des autres villes refusèrent delui ouvrir leurs portes, & les Magistrats de Crémone, après savoir faic at-tendre fous les murs pendant plus de deux heures, ne consentirent à le rece-voir, qu’à condition qu’il entrerait seul, fans armes, & qu’il ne resterait

qu’un jour feulement dans la ville, comme simple étranger & fans aucune

dçs marques de son rang. La lâcheté de Charles au milieu de tant d’humi-liations acheva de le déshonorer, & d’anéantir en Italie les droits & l’auto-rité de l’Empire Germanique (3).

L’indignation des Italiens & des Allemands étoit d’autant plus fondée, quedans le même tems que cet Empereur dégradait à ce point la majesté de sonrang, il secondait de toute fa puissance les desseins du Légat Albornos con-tre les Gibelins, partisans déclarés du trône impérial, mais il fuffisoit que lesGuelfes fussent, ou qu’ils parussent attachés aux intérêts du S. Siégé, pourque Charles fe crût obligé de les défendre & de les protéger: aussi, quand Sa ccn( f u j teMalatesta, guerrier fameux, grand Capitaine, & l’un des meilleurs Géné- lâche.

(1) Raynald ad ann. 1354, N®. 9. (2) Id. ad ann. 1355. N°. 4-17. Fleury Hijt,

Eales. T. 20. Liv, 96. (z) Pctiarchus de vita Salit . Lib. 2. S c ct. 4. cap. 3.

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