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HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sïcr.vm.Ilul. d’Al-leiTiagnc,1314-1400.
Toutefois, quelques foins que Charles IV prit pour que rien n’alte-râc la tranquillité publique, des plaintes trop fondées pensèrent causer degrands troubles, il s’en fallut même très-peu que ces plaintes n’aífoibliíTentla tendre & solide amitié qui unilíòit le chef de l’Empire & le chef visible de.l’Eglìse. Quelques grands, plus zélés citoyens, que superstitieux & dé-voués au Pape, reprélenterent fort vivement h l’Empereur que parmi lesconstitutions hardies rédigées en forme de code par le Pape Clément V,& appellées Clémentines , il y en avoir plusieurs injurieuses à l’autorité Impé-riale, celles entre autres par lesquelles il étoic décidé que les Empereurs é-toient fournis au souverain Pontife par ferment de fidélité, & fur-tout cellequi révoqué la sentence portée par l’Empereur Henri contre Robert Roi deNaples. Ces représentations surent si souvent répétées & toujours si vive-ment, qu’enfin Charles IV fe souvint qu’il étoit justement petit-fils de cemême Henri, si durement traité dans ces Clémentines , & dans ces momensle respect filial l’emporta dans son cœur fur fa profonde vénération pour lacour de Rome, au point qu’il s’échappa jusques à demander avec aífez deforce à Innocent VI, si non l’abolition totale des Clémentines , du moins laja conduite fuppreflion des constitutions injurieuses à la mémoire de son bisayeuL Inno-à regard du cent, qui fous le voile de la plus grande modération cachoit beaucoup defer-
Ldchetè de
Pape.
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Demandea'InnocentPI tres-hial rtçueen A lima-
meté, fur-tout à l’égard de ceux dont il connoiífoit la foiblelfe & la pusillan-imité, répondit constamment à Charles que les Clémentines faisant une par-tie du droit Canonique r dicté dans les Ecoles, il feroit de la plus grande in-décence d’en supprimer seulement une syllabe. C’étoit précisément parcsque ces constitutions étoient publiquement dictées dans les Ecoles que Char-les IV eût dû employer toute fa puissance pour les faire abolir : mais il.trouva excellentes les raisons du Souverain Pontife & n’eut garde d’insi-ster (1).
Fort peu de tems après ce refus de la cour d’Avignon l’Empereur s’en-gagea dans une entreprise, qu’il n’étoit point en état de remplir, quel-qu’assuré qu’il fut des vœux que fes sujets faisoient pour la voir réusiîr. Inno-cent VI jugeant d’après la facilité de Charles, combien il lui feroit aisé de met-tre ìi contribution les provinces de l’Empire, imagina d’envoyer en qualité deson Nonce en Allemagne l’Evêque de Cavaillon, Philippe de Cabasiòle,avec ordre d’établir au profit de la Chambre Apostolique, .un dixieme, furtous les revenus ecclésiastiques ; mais la íeule proposition d’un tel subside rem-plit d’indignation tout le Clergé Germanique, & le nonce du Pape qui déjàs’étoic rendu à Mayence, d’où il comptoir emporter des richesses immenses,eut la douleur d’entendre refuser la demande du Pape avec beaucoup de dure-té. Presqu’auífi touché que l’eût pu être Innocent lui-même de cettetrès^mal^ e ^P ece d’humiliation, Charles IV convoqua dans la même ville de Mayence«.ccûeiili tous les Princes de l’Empire: la plupart s’y rendirent, Cabaslòle leur deman-da pour la seconde fois que le subside qu’il proposoit fût établi; Conrad d’A-lezia, Chancelier du Comte Palatin, répondit par ordre des Princes à l’Evêquede Cavaillon, que depuis trop long-tems les Papes étoient dans l’ufage per-nicieux d’épuifer l’Ailemagne & l’Empire par leurs vexations, qu’on étoit.
Le Légat
far le Cler.gé & lesPrinces
d'Allcma-
gnt.
(1) Rebdorf, Sjiener, Cuspinian, & Raynald ad ar.n. 1359. N*, ij.