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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D'A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 173?

fatigué de voir s’écouler & palier irrévocablement dans les trésors de Rometout le numéraire de l’Empire, qui en dédommagement de fa ruine entierene recevoic que des lettres qui ne rapportoient rien, des bulles qui ne pro-duisoient que des dissensions & des paroles vagues dont on n avoit quetaire (l)'

II faut croire que le discours de Conrad d’Alezia fut bien vif & bienéloquent, puisque rimpreffion qu’il fit fur l’Empereur fur telle, qu’il dit auNonce qu’il étoit bien étonnant que le Souverain Pontife ne ceílàt point dedemander de l’argent au Clergé & qu’il s’occupât si peu à le reformer: &cette idée de reforme enflamma tout-à-coup son zele pieux au point, qu’ilenvoya des ordres à tous les prélats de l’Empire, d’obliger les ecclésiastiquesà la régularité prescrite par les canons; vous saisirez , continuoit Charles,qui ne s’oublioit jamais, iesfruits des bénéfices des rebelles & des désobeijsanspour être appliqués à notre Fisc ; vous ferez même , fi les circonfiances l'exi-gent , emprisonner les oppofans. La sévérité de Charles ne satisfit ni l'Evê-que CabaíJòle qui s’en retourna fort mécontent h Avignon, ni le Pape Inno-cent VI, qui ne prétendant pas avoir fait inutilement une telle démarche, fit.partir plusieurs Nonces pour l’Allemagne, afin de recueillir la moitié des re-venus de tous les bénéfices vacans & de ceux qui pendant deux années vien-draient à vaquer. Le Souverain Pontife ayant fait, & avec succès, tout cequ’il avoir cru devoir faire pour l’honneur & le profit de la chambre Aposto-lique, il ne jugea point convenable de laisser l’Empereur reformer le Cler-gé. Dans cette vue il lui écrivit une lettre fore pathétique, par laquelle,,après Lavoir beaucoup loué fur le respectable motif qui l’engageoit à empié-ter sur les droits du chef de l’Eglife, il le prioit très - instament & lui enjoi-gnoît même par la supériorité de la puiílânce spirituelle, non feulement derévoquer fes ordres, mais aufli de faire au plutôt restituer aux Ecclésiastiquestout ce qui leur avoit été pris en exécution de l’Edit de reforme (2). Lalettre d’Innocent VI fut un coup de lumière pour l’Empereur, qui avouoitavec autant d’humilité que de remords, que fesprophanes mains avoient eule plus grand tort de toucher h Pencenfoir; qu’il étoit très-répe-ntant de s’êtrearrogé le droit de corriger les abus publiquement reprochés aux prêtres Alle-mands fes sujets ; & croyant qu’il n’en feroit jamais trop pour effacer le sou-venir de cette entreprise, qu’il regarda dès lors comme très-criminelle, il sehâta de publier une bulle qui fut appelîée Caroline , & par laquelle il fe dé-clara le plus vigilant défenseur & protecteur des immunités & des biens deces mêmes ecclésiastiques, que quelques jours auparavant il avoit déclarés li-bertins , & contre lesquels il avoit décerné de ii féveres punitions (3).

Le repentir de Charles IV donnoit au Souverain Pontife les plus bril-lantes espérances d’un tel Monarque & pour lui prouver qu’il lui rendoit avecíòn amitié fa confiance entiere, il implora son secours, contre BernaboVifconti, qui, digne fucceflèur de Jean Visconti à l’Archevêché de Milan, étoitle plus implacable & le plus dangereux des ennemis du Pape. Furieux des

Hìst. d’Ai.

lemngne,

1314-1400.

Ctup d 1 auto-rité deCharles II',

Son repen-tir U fahonteuseretradion.

(0 Spener ad ami. 1359. Fleur y //</?. Eccl. Torn. 20. Liv. 96. (2) Rainait!

Annal, Ecclef. ad ann. 1359. Toui, 16. NV 15. (3) I-leury. loco citato. Goldart

Tum. L. Pag. 92. "

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