174
HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sf.ct.VI11.H'Il. d’íVl-
letmane,
1314-1400.
Troulles«' Italie .
L"ìx dnresqui le Papee[ì torréd'acrefiter.1360.
Fumasviolences del'Archevê-que de Mi-lan, tijsm-ío Vijcór.ti,
1361.
succès du Légat qui s’étoit remis en poílèífion de Boulogne, Bemabo raflem-blanc routes ses forces alla assiéger cette ville , qu’il pressa si vivement,qu’Innocent effrayé envoya prier tous les Princes de l’Empire d’engager Char-les IV à voler h la défense du S. Siégé si violemment outragé par l’Archevê-que de Milan. Louis, Roi de Hongrie fut de tous les Souverains celui qui sehâta le plus de servir le souverain Pontife ; il envoya des Ambassadeurs à Vis-conci pour le déterminer à donner la paix à l'Eglise : mais Bemabo répondit quedans ce moment même il faisoit valoir la justice de fa cause à la cour d’Avi-gnon où en effet ses députés se plaignoienc amerement de ce que le LégatAlbornos s’étoit emparé de Boulogne contre la foi du traité, par lequel cet-te ville avoit été cédée pour douze ans à l’Archevêque Jean Visconti. Lesraisons de Bemabo étoient en effet très-fondées, mais foie que le Pape crai-gnit de perdre pour toujours cette ville, foie qu’il eut résolu de rompre cetraité , non seulement il refusa d’écouter aucune proposition d’accomoct-ment, mais il excommunia Visconti contre lequel il publia une bulle, où ilretraçoit Vhistoire de tous les crimes & de toutes les atrocités dont ce sangui-naire Prélat étoic accusé; & il faut avouer que ces crimes étoient affreux ( 1 ).
Outré de fureur & tout entier à la vengeance Bemabo ne ménagea plusrien, & ne mit plus de bornes à la violence de ses hostilités; plus terriblefous le poids de l’anathême qu’il ne l’avoit été jufqu’alors, il remporta de sigrands avantages fur les troupes du 8. Siégé, que le Pape connoissmt, maistrop tard, combien il étoit dangereux d’irriter un tel ennemi, envoya au plu-tôt Nicolas Acciaioli, Ministre de la cour de Naples auprès de cet Archevê-que , pour tâcher de lui inspirer des sentimens de paix, mais toute l’adreílèd’Acciaioli fut inutile, & Bemabo ne daigna consentir à un accomodement,qu’aux conditions les plus dures & les plus humiliantes pour la cour d’Avi-gnon; le Pape fut contraint de les accepter & de se soumettre à un tribut decent mille livres d’or pendant cinq ans. Ce n’étoit que pour mieux tromperson ennemi que l’Archevêque de Milan avoit feint de consentir à ce traité ;car à peine le Pape crut avoir rétabli la paix, que Bemabo, suivi de toutesses troupes alla porter le fer & la flamme, le ravage & la mort dans les ter-res de l’Eglilè, hors d’état de lui résister: le Légat Albornos ne songea pasmême b s’opposer à cette irruption, & il alla précipitamment à la cour duRoi de Hongrie implorer du secours: mais alors engagés eux-mêmes dansune violente guerre, les Hongrois ne purent rien accorder au Pape, qui setournant du côté de son ami Charles IV, lui écrivit une lettre fort pressmte,dans laquelle il lui faisoit le tableau le plus touchant du malheureux état dePltalie fa). L’Etnpereur occupé à Prague d’où il ne lorcoit plus, h grossir(es trésors, n’étoit nullement disposé à les employer à la défense des droits duS. Siégé, & quelque respect qu’il eut pour ce qui venoit de la part d’Inno-cent, il étoit encore plus avare qu’attaché au souverain Pontife; aussi secontenta-t il d’envoyer signifier b Bemabo qu’il eût incessamment h mettre basles armes, fous peine d'être privé de toutes les dignités qu’il tenoit des bon-tés de l’Ëmpire Romain : afìn de montrer même combien il délîroit de servir
(1) Fleury. Hist. Eccl. Liv. 96. Raynald ai ann. 1360.lani Lib. 10.
(2) Id. ibid. Matth, Vil-