D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. i 75
îa cour d’Avignon pourvû toute fois qu’il ne lui en coûtât rien; il pria lePape d’appuyer son édit impérial d’une sentence apostolique, dans laquelle itina^ne,Bemabo fut dénoncé à toute la chrétienté comme hérétique, pour avoir mé- 1314-1400.prisé la puissance du S. Siégé. L'Archevêque de Milan méprisant également " "
les ordres de l’Ernpereur & la sentence d’ínnocent, jura de rester maître deBoulogne & de toutes les terres qu’il avoit usurpées, quelques efforts queles deux Puissances liguées tentassent pour l’en déposséder : cependant peude jours après Galeot Malatesla pénétra dans le camp de Bernabo, le battit,écrase son armée & la mastàcra prefqu’entiere.
Pendant que Charles IV voyoit avec indifférence se pûiíïànce s'anéantir en-tièrement au-delà des Alpes, & se conduite généralement méprisée dansl’Empire, le Roi de Dannemarck profita de cette négligence & chercha às’aggrandir par ses armes; les villes & les Princes de la Basse Allemagne al-larmés de ses entreprises, formèrent contre lui une puissante ligue, à laquelleaccédèrent le Roi de Norwege, le Duc de Mecklinbourg & le Comte Henride Holstein : ce dernier à la tête des forces des confédérés mit à contributionla ville de Copenhague, & animé parle succès de cette expéd'non, il allamettre le siégé devant Halsibourg; mais Waldemar, Roi de Dannemarck Guerre dusurprit la flotte des ennemis, s’empara de fix vaisseaux, en brûla trois, mas- RaideDan-secra une partie des soldats, & força les aflîégeans à se retirer précipitamment.
Henri de Holstein embrasé du désir de rétablir la gloire de ses armes, allaformer le siège de Werdinbourg, & ne fut pas plus heureux; après six mois Princes dede tentatives inutiles; les confédérés & les Danois également stuigués d’une ía ‘ ía U !guerre qui les épuisoic les uns & les autres, firent la paix à des conditions ^ Aà.qui remirent les choses à peu près au même état où elles étoient avant cettediísention (1).
L’Empereur n'avoit pris aucune sorte d’intérêt à cette guerre, & il croyoitavoir beaucoup lait que de s’être intéresse pour le Pape, & d’avoir inutile-ment ordonné à l’Archevêque de Milan de cesser d’inquiéter l’Eglife, con-tent de cette démarche & ne songeant qu’aux moyens d’accroître ses riches-ses, un événement attendu depuis quelque tems, vint le combler de joye;
Anne, fille du Duc de Schweidnitz qu’il avoit épousée en troisièmes noces,ac-coucha d’un sils, & l’Empereur convoquant à Nuremberg une diete solem-nelle, où se rendirent presque tous les Electeurs & la plupart des Princes del’Empire, y fit baptiser le jeune Prince, qui reçut le nom de Wencesclas.
Les fêtes qui furent données à cette occasion durerent pendant huit jours, NaissanceCharles fit apporter de Bohême la plupart des reliques qu’il y avoit raísem- deblées; st fit célébrer des tournois, donna de magnifiques spectacles, s’en- J- Sgagea même à aller avec toute se cour en pélérinage à notre Dame d’Aix la c »fioiuChapelle: mais ces premiers transports de joye passés, il frémit à la vue dela dépense que lui cauferoit un tel voyage, il se contenta d’envoyer à l’E-glise d’Aix la Chapelle seize marcs d’or, & il se retira en Bohême avecrimpératrice, le nouveau né, & les reliques auxquelles il étoit prefqu’autantattaché qu’à ses trésors (2).
(1) Hist. Dan. Tom. 3. Pontan. Rer. Dante, Hijìor. (2) Rebdorf ad arn. 135r„Raynald ad cund. annum. No, 2.