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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’E M P I R E

Sect.VIII.fíijl. d’AUlemagne,1314-1400.

Malheu-reux état deïAlkma-zne.

Dès cette époque Charles ne «'occupant que de l'admìnifìratîon de sonRoyaume de Bohême, ne sortie plus de Prague & parut avoir profondémentoublié qu’il étoit Empereur ; aussi les Princes de l’Empire offensés de son in-différence autant qu’ils étoient indignés de fa lâche conduite, lui ayant en-voyé des députés pour lui représenter combien le peuple & les grands dési-roient de le voir s'acquitter des fonctions impériales; il leur répondit dure-ment. Pensez vous que je fois ajfez insensé pour vous entretenir en Allemagnem Empereur avec le produit de mes revenus de Bohême: réponse bien dignefans doute d’un Souverain avide qui pour de l’argent vendoit tout, jusquesà la justice; ainti P Allemagne privée de la présence de son chef ne tardapoint à être en pnie aux désordres & à la confusion de l'anarchie: il n’yavoir plus de fort té dmjs les villes, ni dans les routes publiques; les grandss’armoient ses uns co tre les autres, on s’unisiòit pour accabler le peuple,les plus fossiles furent contraints de fe liguer pour repouflèr les entreprises &les usurpations des plus forts: les villes, les provinces «'unirent par des con-fédérations particulières, seul moyen de fe mettre à l'abri des déprédateurs,car on n’affmbloic plus de dictes pour arrêter le cours du brigandage; lechef qui seul eût dû «'opposer à ces horreurs, étoit enféveli dans une hon-teuse léthargie (i).

Le désordre qui croiíTòit de jour en jour fecondoit merveilleusement lesvues des ambitieux, qui, profitant du trouble, cherchoient à s’aggrandir par. toutes fortes de moyens: aussi Jean, Evêque de Strasbourg; Jean qui depuislong-tems désiroit d’illustrer par des titres nouveaux fa qualité d’Evêque, ache-ta des Comtes d’Oettingue le Landgraviat de la baffe Alsace, soit pour reti-rer ceux d’-entre les fiefs de son Eglise qui dépendoient de ce Landgraviat,soit pour le plaisir d’être décoré de la qualité de Landgrave. Charles IVfut d’autant plus satisfait de cette acquisition, qu’il eût dû interdire au Pré-lat, que celui-ci lui donna 200a. florins pour recevoir finvestiture de fanouvelle dignité. La possession éteint les désirs de la plûpart des hommes,fur-tout des avares, lorsque cette poílèssion a été acquise à prix d’argent, &Jean étoit encore plus avare qu’ambitieux ; jl pensa, mais trop tard, que laqualité de Landgrave n’écoit pas trop compatible avec celle d’tavêque; ileut des scrupules, & fes remords furent tels, qu’il écrivit au Pape pour leprier de lui pardonner: non feulement le souverain Pontife lui accorda libé-ralement le pardon, mais il le félicita même d’avoir acquis à son Siégé .cetteTroubles in dignité, qui ne pouvoit que l'illustrer. L’approbation d’Innocent VI ne dé-Afate. dommagea point l’Evêque Jean des sommes que lui avoít couté ce Landgra-viat, ni des dépenses auxquelles l’expofoient les guerres qu’il eut h soutenircontre les habitans de Haguenau qui, jaloux de la puiííànce de i’Evêque deStrasbourg, allerent ravager ses terres, l’obligerent de prendre les armes, &d’aller à son tour assiéger Haguenau, dont il ne put se rendre maître: cequ’il y eut encore de plus fâcheux pour lui, fut que toutes les villes d’Al-sace aussi mécontentes que les habitans de Haguenau prirent parti pour lesderniers; ensorte que Jean eut été inévitablement écrasé, fi Burcard, Bur-

grave

(1) Maimb. Hijl. de la décad. de PEmp. Spener. T. 2. Lib. 2. cap. r.