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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 177

grave de Magdebourg, n’eut par sa médiation rétabli le calme, aux condi- jp/i d>AI-rions que de part & d’autre tout ce qui s’étoit passé seroit mis en oubli (1). iemagne.

Dans le tems que l’Allemagne étoit si violemment agitée & si lâchement 1314-1400.abandonnée par son chef, Innocent VI, courbé fous le poids des années & ^ of( -accablé de maladies, mourut, après un Pontificat de 9 ans & 9 mois. II fut p a p e j nnt ^très-jaloux de fes droits, les étendit autant qu’il fut en fa puisiànce, & ne tent vi.fut l’ami de Charles IV, que parce que ce Souverain étoit le plus foible Mo- Urbain Vnarque qui jufqu’alors eut occupé le trône de l’Empire. Guillaume Grimo-ard, Abbé de S. Victor fut unanimement élevé à la chaire de S. Pierre :Gri-moard, lorsque les Cardinaux l’élurent étoit bien éloigné de penser que l’onsongeoit à lui; il étoit en qualité de Nonce à la cour de la Reine Jeanne I.

Aussitôt qu’il reçut la nouvelle de son élection, il partit & entra fecrette-ment à Avignon, où il fut consacré fous le nom d’Urbain V. (2). 11 mar-cha fur les traces de son prédécesseur, & fe proposa sur-tout de profiter detous les avantages que lui offroit l’aveugle déférence, & l’oisive insouciancedu chef de l’Empire, auquel il écrivit d’abord pour lui demander son ami-tié, ensuite pour l’exhorter à continuer de confondre les méchans, de fairerégner la justice, & de venger l’Eglise des attentats des impies. Si le PapeUrbain favoit que Charles IV protégeoit ouvertement l’injustice & l’ufurpa-tion; s’il n’ignoroit pas que ce Prince donnoit tout à l’argent & rien à l’é-quité, fa lettre étoit la plus forte satire qu’il eût pu adresièr à l’Empereur,qui la reçut pourtant avec autant de satisfaction, que s’il eût réellement mé-rité les éloges du souverain Pontife.

La longue & ruineuse guerre, qui pendant si long- tems avoit épuisé laFrance & l’Angleterre, venoit de cesser par le fameux traité de Bretigni, &

Jean II délivré de fa captivité, écrivit au nouveau Pape pour le féliciter deson élévation à la chaire Pontificale & lui annoncer que bientôt il iroit levoir à Avignon; il s’y rendit en effet, & l’on croit que le principal motif Métis dade ce voyage étoit d’accélerer par la médiation du Pape, le projet qu’il avoit dt ,

formé d’époufer la Reine Jeanne de Naples ; mais il fe répandit tant de bruitsscandaleux fur la conduite & les galanteries de Jeanne, que le Roi de France Avignon.renonça h ce desièin, & prit à Avignon des engagemens qu’il étoit hors d’étatde remplir. Pierre de Lusignan, Roi de Chypre étoit alors à Avignon, oùil s’efforçoit d’engager le Pape à solliciter une croisade contre les Musulmans,oppresseurs de la Palestine; Pierre & Urbain parièrent au Roi Jean en ter-mes si magnifiques de cette entreprise, qu’ébloui par les brillantes promes-ses qu’on lui faifoit, le Roi Jean, oubliant que son Royaume étoit dans leplus déplorable état, qu’il n'avoit ni troupes ni fonds, prit la croix des mainsdu Pape, qui, croyant trouver la même déférence & la même crédulité danstous les souverains de la chrétienté, prêcha la croisade contre les Turcs, or-donna un voyage général en Palestine, & nomma le Roi de France chef dec«te expédition (3). Elle n’eut cependant pas lieu, & quelques folemnet-

(i) Carta Carol. IV. apud Obrecht in prod. P. 308. Vencher de UsbourgP. 79. Arch.

Zabern. (2) II étoit fils du Chevalier Grimoard Seigneur de Grisa en Gevaudan auDiocèse deMende, Raynald ai ann. 1362. N. 2. Fleuiy T, 20. Lìt. 96. (3) Daniel

Jíiít. de Fr. T. 3. Fìeury Hìst, EccK T. 20. Liv. q 6 .

Tome XL. Z