Segt.VIU.JL;íl. d'Al-îcir.ia^ns,
13 n4-1400-
Le Pape nepttal faireaèopter sesfrcnjtts.
Kojlìlnèstu llalie.
Paix entrele Pape UVA'cltevê.que de Mi-lan.
1364 -
178 HISTOIRE DE L’E M P I R E
les qu’euflènt été les promeílès du Roi de France & du souverain Pontife,Pierre de Lusignan, qui croyoit trouver les secours les plus abondans à lacour de Charles IV & dans relies de la plupart des souverains de l’Europe,parcourut inutilement la plupart des gouvernemens de l’Empire. On s’ex-cusa par tout sur les malheureuses circonstances qui ne permettoient pas deseconder ses vues; le Roi d’Angleterre lui dit qu’une semblable expéditionne convenoit point à son Age avancé. L’Empereur allégua Indispensablenécessité où il étoit de ne pas s’éloigner de ses Etats, & même d’y retenirtoutes ses troupes afin de s’opposer h tout ce qui pourroit menacer ou trou-bler la tranquillité publique (1).
Pierre de Lusignan se persuada que le Pape auroit plus descendant fur l’es-prit de l’Empereur, auquel Urbain en effet écrivit une très-longue lettre,pour Pexorter au nom du Ciel même, à défendre la cause du Roi de Chy-pre : s’il n'eût fallu que céder quelque chose de ses droits, ou même se lais-ser dépouiller des plus belles prérogatives attachées h son rang, ou bien s’ileût suffi de porter des édits contre les Musulmans usurpateurs des possessionsdu Roi de Chypre, Charles IV eut volontiers souscrit aux volontés du Pape;mais il étoit question de s’engager dans une expédition militaire,, incom-patible avec son indolence naturelle, & qui d’ailleurs eut exigé des dépensesénormes, Charles répondit à Urbain précisément comme il avoic répondu auRoi de Chypre. L’Italie sut de toutes les parties de l'Europe celle qui étoitle moins en état de songer h des guerres étrangères, ses plus belles provin-ces étoient dévastées par Bernabo Visconti, qui renouvelloit toute la violen-ce de ses hostilités à cause de l’anathême récemment & fort imprudemmentprononcé contre lui par Urbain (2). Jean II, Roi de France & Pierre deLusignan lui envoyerent vainement des Ambassadeurs pour tâcher de calmerfa colere, peut-être qu’ils fuslènt parvenus à lui inspirer des sentimens plusmodérés, fi au lieu de l'adoucir les Ambaflàdeurs François ne l’euíïènt fortmal adroitement aigri par des hauteurs très-déplacées. Bernabo se croyant:outragé rejeta toute proposition d’accommodement; il refusa même d’écou-ter les sollicitations de l’Empereur ; qui après bien d’inutiles tentatives s’irrí-tant de trouver dans un vaíïàl tant d’opiniâcreté, envoya ordre à tous les Vi-caires de l’Empire en Italie, de prendre les armes contre l’ennemi de l’E-glise, mais ce que Bernabo avoit si durement refusé aux sollicitations impé-rieuses de la cour de France, & aux ordres de Charles IV, il l’acccrda auxsages représentations de l’Archevêque de Crête, Ambassadeur du Roi de Chy-pre; ensorte que par la médiation de ce Prélat, l’Archevêque de Milan con-clut avec le Pape un traité de paix, aux conditions qu’à la premiere deman-de du Légat du 8. Siégé l’Archevêque de Milan évacueroit & rendroit tou-tes les places dont il s’étoit emparé dans les territoires de Boulogne, de Mo-dene & de la Romagne, comme de son côté le souverain Pontife payeroitdans le terme de huit années 500000 florins d’or, c’est-à-dire 62500 par an.D’après ces conventions, Urbain déclara pleinement absous ce-même Berna-bo qu’Il reconnut hérétique, & qu’il avoit peu de jours avant, traité com-
(1) Spener Hift. Germ. Univ. T. 2. Lib. 2. Cuspin. Raynald ai ami, 1363. (2) Id,
ibid. Ma.tth. Villani. Lib. XI. Sect. 41.