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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L Ê M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 179

ine le plus abominable des excommuniés (i)- Le calme rendu à l’Icalie, ////^.Urbain & Pierre de Lusignan se flattèrent que désormais rien ne pourroit plus leinagne,s’opposer à l’exécution de leur projet de croisade, mais au moment où ils s’y I 3 Í 4-1400.attendoienc le moins, Jean II, qu’Urbain avoir nommé chef de cette expé- ' ' " l_dition, mourut en Angleterre, où il étoit allé fous prétexte d’applanir quel-ques difficultés qui arrêtoient l’exécution du traité de Bretigni; mais suivantla plupart des historiens contemporains, uniquement pour se rapprocher d’u-ne jeune Angloise dont il étoit devenu éperdument amoureux pendant sa cap- Mort detivité. Quoiqu’il en soit, il mourut à Londres, & transmit la couronne de JeanH.RnFrance à Charles V son fils, que ses vertus & fa prudence firent surnommer deFranct -le sage (2).

La mort de Jean tira le Pape Urbain d’un très-grand embarras; car si cePrince eut vécu, le souverain Pontife eut été dans Fimpoffibjlité de remplirles brillantes promeflès qu’il avoir faites à Pierre de Lufignan. En effet, ja-mais les Puissances Européennes n’avoient été moins disposées à des entreprî-tes militaires au-delà des mers: les Florentins & les Pisans se faisoient uneguerre cruelle; les Vénitiens étoient armés contre les Génois; l’Empereur& Louis, Roi de Hongrie marchoient Fun contre l’autre, & le sujet de leurdivision étoit un propos très-injurieux hazardé fort légèrement par CharlesIV, contre la Reine Elizabeth, mere de Louis. Celui-ci résolu de venger Troubles ml’honneur de sa mere avoir attiré dans son parti Rodolphe, Duc d’Autriche; Allemagne.Charles avoir engagé dans ses intérêts Henri, Marquis de Moravie, & cettequerelle particulière eût vraisemblablement fini par embraser F Allemagneentiere, si le souverain Pontife, à force de démarches, n’eut rapproché lesdeux Princes ennemis, qui sc réconcilièrent à Cracovie, dans une assembléegénérale des Princes de FEmpire. L’Empereur qui venoit d’épouser la Prin-cesse Elisabeth, fille de Bugiilas, Duc de Poméranie, plein de reconnoissan-ce pour le service eflentiei qu’Urbain lui avoir rendu, lui écrivit une lettre-de remercîment, & comme le bruit s’étoit répandu que le Pape vouloir in-ceflàmment transférer son Siégé à Rome, FEmpereur lui promit de l’accom-pagner dans ce voyage. La présence du .Chef de FEmpire en Italie ne flat-toit point du tout le Pape; il se hâta de répondre à Charles que les dangersqui depuis la mort du Roi de France menaçoient Avignon & le Comté Vé-naissm ne lui permettoient pas, du moins de bien long-tems de remplir leprojet qu’il avoir formé d’aller fixer fa résidence à Rome, ni de paroître enItalie qui étoit remplie encore de troubles & de dissensions (3). Le souve-rain Pontife, Fun des plus habiles négociateurs de son siecle, parvint à peuprès dans le même tems h étouffer ces troubles, & à réconcilier les Génois& les Vénitiens; il termina aufli par fa médiation en Allemagne une affairequi paroissoit devoir occasionner une sanglante guerre. Depuis bien des an-nées la maison d’Autriche ambitionnoit le Comté deTirol, dont Louis, Mar-quis de Brandebourg étoit en poíseífion: Louis vivoit en aísez mauvaise in-telligence avec Marguerite son épouse; il mourut, & laiflà un fils nomméMaynard, qui fur le bruit public, & fur quelques apparences peut- être trom-

(1) Raynald ad ann. 1364- N?. 1,2,3. f2) Daniel Hijl. de Fr. T. 3. Fleury Hist.

Eecl. T. 20. Liv. 96. (3) Spener T. 2. Lib. 2. Raynald ad anfi. 1364. N°. 7 - IO « '

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