l8s
HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sect.VIII.lltjì. d’Al-lemagne,1314-1400,
Conférencesentre l'Em-pereur lePape , àAvignon.
1365.
Trtìipil
peuses reprocha fort durement h Marguerite fa mere d’avoir fait mourir Louis.Marguerite ne jugea point à propos de repousser par des raisons l’accufationde son fils, mais pour fe venger avec éclat d’une imputation aussi grave, ellel’empoifonna lui même, & fie donation du Comté de Tirol à la maison d’Au-triche. Etienne, Duc de Bavière étoit le plus proche parent de May nard',dont il fe déclara l’héritier, & qu’il jura de venger. Le Duc d’Autriche feprépara à soutenir par les armes la donation de Marguerite, & cette guerrealloit diviser les Princes de TEmpire, lorsque l’actif Urbain, agit si puissan>ment auprès des deux prétendans au Comté de Tirol, qu’ils consentirent hun accommodement par lequel la possession du Tirol demeura à la maisond’Autriche (1).
II y avoit long-tems que Charles IV méditoîc un voyage à la cour du fou*-veraiu Pontife, & il exécuta ce projet quelques mois après que la réconcilia-tion des Ducs d’Autriche & de Bavière, eut raffermi le calme en Allemagne.Le désir d’aller rendre fes hommages au Pape, & celui d’aíîister à la mesiëPontificale, revêtu de fes habits impériaux, la couronne en tête & le sceptreh la main, étoient sans doute de fort puissans motifs pour un tel Monarque;ce n’étoit cependant point là Tunique but de son voyage, & dans les diver-ses conférences qu’il eut avec Urbainon assure qu’il promit d’envoyer dusecours contre les Turcs., de faire passer au delà des mers une partie des trou-pes impériales & d’y soudoyer pendant trois ans ces compagnies, qui depuissi iong-tems ravageraient les provinces de France, & quelques Royaumesvoisins. Quelques auteurs du te ms assurent que l’objet principal de ces con-férences étoit d’accabler les tyrans d’Italie & fur- tout les Vifconti (2).
Par une lettre qui s’est conservée, d'Urbain à Charles V,Roi de France,il paroit que le chef de l’Eglise & celui de TEmpire, également intéressés à fedélivrer de la crainte perpétuelle où les tenoient ces compagnies de brigands,se s’étoienr rapprochés que dans la vûe de trouver le moyen d’engager parl’appat du gain & Tefpérance du pardon de leurs crimes passés, ces compa-gnies de déprédateurs, à aller combattre les infidelles: car par cette lettre, lePape apprend au Roi de France que l’Empereur ossroit, non-seulement lepaflàge à ces troupes fur les terres de TEmpire, mais aussi de leur fournirdes vivres, jufqu’à leur arrivée fur les frontières de Hongrie. Charles IVavoit le plus grand intérêt à éloigner de fes Etats ces compagnies de bri-gands, & il goûta d’autant plus le projet du Pape Urbain, que celui-ci pourfaciliter au Monarque François le moyen de faire partir ces dangereuses trou-pes, lui accorda pour deux années une décime fur tous les bénéfices duRoyaume (3); déjà le plus grand nombre des soldats qui formoient cette
qu’on ft pto- compagnie attirés par l’espoir du gain , bien plus encore que par Tassuranceposé d’en. q ue j e c hef de TEglife leur donnoit d’une absolution générale de- leurs crime»
ST passés, s’étoient hâtés de s’enroler, & on se difposoit à les faire embarques
pour la Terre sainte, lorsque les troublesd’Efpagne fournirent Toccasion de lesemployer à beaucoup moins de frais, & de fe délivrer de cette foule de Sol-dats. Pierre le cruel, assassin de fes freres, & de Blanche de Bourbon foa
(1) Rebdorf m armai. Pbil. Villani in append. ai Lib. II. Spener T. », cap. 7. (*) R^í*:ïuld ad ann, rzs§. N°. r, (3) Daniel 11 $. dt Fr. Tom. 4-