D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sectt. VlH.
épouse, avoir soulevé contre lui, les Castillans, outrés des excès de fa tyran- jy/yf,rie: Henri de Trastainaze, frere naturel de Pierre & chef des révoltés, étoit lemagne,venu en France demander du secours, & on lui permit de faire paflèr en 1 3 H-1400 -Espagne ces compagnies, qui y allerent fous le commandement du célébré ~~Bertrand du Guesclin : on fait que cet illustre Général se couvrit de gloire £líeí «àdans cette expédition, qui coma la couronne & la vie à Pierre le cruel, &qui éleva au trône de Castille, Henri de Trastamaze. Quelque désir qu’eut qne u es ymontré Charles IV de servir Pierre duLusignan, il fut très-enchanté d’ap- causent.prendre que ces compagnies auxquelies il avoir promis paílàge & même defournir des vivres, avoient pris une autre route; & comme il n’avoit plus àredouter leur voisinage, il fe mit peu en peine du préjudice que caufoit auRoi de Chypre la privation de ce secours fur lequel il avoir tant compté.
Depuis très-long-tems les chefs de l’Empire contens d’étre couronnés à Couronne-Aix la Chapelle, & plusieurs d’entre eux à Milan & à Rome, avoient re- ment denoncé b l’usage d’aller fe faire couronner à Arles, Royaume fur lequel le 1&
sceptre Impérial conservoit encore ses droits, mais Charles IVprofitant deson séjour à Avignon, imagina de renouveller cette cérémonie, & aile réel-lement recevoir la couronne à Arles, où content de s’être montré, il restatrès - peu de tems & retourna à Avignon conclure un traité de ligue avec Ur-bain & les principaux seigneurs d’Italie, contre les usurpateurs des terres del’Eglîse ; traité par lequel il promit d’envoyer incestàmment au de - là des Al-pes une puisiànte armée. Urbain pénétré de FeconnoiíTance , accorda auChef de l’Empire des décimes fur le clergé d’Allemagne pour subvenir auxfrais de cette guerre. C’étoit là vraisemblablement le grand objet des bril-lantes promeslès de Charles IV, car à peine il eut obtenu du Pape cette li-béralité , qu’ii reprit le chemin d’Allemagne, & alla fe renfermer dans Pra-gue , où pendant environ trois années il oublia profondément les conditionsauxquelies il percevoir le produit des décimes, qui grosijíToient considéra-blement ses trésors (i)-
Abandonné des Souverains de l’Europe, & trompé dans fes espérances yPierre de Lusignan fe rendit presque fans fuite à Venise, où il étoit ar-tendu par Pierre Thomas, Archevêque de Crête, & nommé par le PapeLégat de la croisade projettée. Le Roi de Chypre envola quelques sol-dats , fe mit en mer seulement avec deux galères, & débarqua à Rho-des, où le Prince d’Antioche son frere l’attendoit avec un secours afiezconsidérable, enforte que suivi de 10000 hommes & de 1400 chevaux,il fe remit en mer, aborda à Alexandrie, battit les Sarrazins , s’emparad’Alexandrie, qu’il fut obligé ensuite d'abandonner, par la défection desAnglois qui formoient la plus grande partie de fa petite armée , & quirefusèrent de le servir plus long-tems, comme il l’apprit au Souverain Succès fcpPontife par une lettre dans laquelle après lui avoir rendu compte. de fes r f?* rssuccès & de la défection imprévue qui l’arrêtoit au milieu de fa course, Lufanantl le conjuroit d’engager les Puissances chrétiennes à íui fournir des secours, Rot do& fur-tout de déterminer l’Empereur à faire un généreux effort en fa fo- Chype.
(j) Spener. Eouesius Conon, Fragenfti ai ann. rzéz. Albert Kj fa ntgjm Jâb. 9.
Saxon. cap. 33.
r-nartes sr4 Ailes.
Et fou re-tour à Pra-gue.