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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Lxv. XXV. Se ct. VIII. 183 ;

Après bien des délais Charles IV se mit enfin en marche : ii franchitles Alpes à la tête d’une nombreuse armée, on eût dit qu’il alloit se montreren maître en Italie. IMais son expédition ne fut rien moins que glorieuse;au lieu de soumettre les tyrans qu’il avoit promis de réduire, il approuvapour de l’argent leurs usurpations ; confirma la pofièíîion de Verone aux Sei-gneurs de l’Efcale; fut très-piqué contre les Vifconti qui ne lui offroientpoint de racheter leurs attentats, marcha contre Milan, & ne ficrqu’une inutiletentative (1).. Néanmoins Bernabo ne voulant point avoir en même tems àcombattre contre tant d’ennemis qu’il s’étoit faits, demanda la paix h Urbainqui le redoutoit si fort, qu’il ne fit nulle difficulté de la lui accorder aux con-ditions les plus avantageuses pour l’Archevêque de Milan.

Par la crainte qu’il avoit inspirée, Bernabo régnoit plus souverainementen Italie que l’Empereur, qui bien loin d’y faire respecter son rang, & d’yrétablir fa puissance, eut la foibleiïë de fe contenter des promesses très-va-gues que les Pifans, les Siennois & les Florentins lui firent de lui restituer laplupart des droits Impériaux qu’ils avoient usurpés. Mais il fongeoit moinsh combattre qu’au bonheur de rendre ses hommages à Urbain qu’il alla trou-ver à Viterbe, & qu’il accompagna à Rome, où il eut la satisfaction de íèmontrer au peuple à pied & tenant un côté de la bride du cheval fur lequel-'le souverain Pontife étoít monté. 11 attendit pendant quelques jours à Ro-me, l’Impératrice Elizabeth, qu’il avoit depuis peu épousée en quatrièmes-noces; elle arriva, fut couronnée & peu de jours après, Charles fort con-tent de son voyage d’Italie, sortit de Rome, & reprit la route d’Allemagne,après avoir laissé le commandement des troupes Impériales à Gui de Boulo-gne, Cardinal Evêque de Porto, avec ordre de marcher ou contre Bernabo;.ou contre quiconque entreprendroit d’ufurper les droits ou les terres del’Eglife (2). A peine l’Empereur avoit repassé les Alpes*, que Bernabo,.recommençant ses violentes hostilités, ligué avec Agut, voleur insigne, & ca-pitaine d’une troupe d’Anglois vagabonds ; les Pifans & les Florentins mar-chèrent sous les ordres du Légat contre l’Archevêque de Milan & furentcomplettement battus. Touché de la disgrâce de l’armée Papale, LouisRoi de Hongrie, écrivit au souverain Pontife, & lui promit d’aller inces-sament en Italie, à la tête de dix mille Hongrois & de ne point quitter lesarmes qu’après avoir écrasé Bernabo : mais cette expédition n’eut pas lieu ;parce que l’Archevêque de Milan, informé des grands préparatifs qu’on fai-íòit contre lui, employa le même moyen qui lui avoit si souvent réussi, de-manda la paix au S. Siégé & l’obtint (3).

Urbain s’occupoit tout entier du soin de pacifier les troubles qui divi-soient toujours la France & l’Angleterre: dans la vue de rétablir la paix,& déterminé fur-tout, par les conseils & les intrigues de quelques Cardi-naux qui préféroient le séjour d’Avignon à celui de Rome, il prit la résolu-tion de pasièr en France, se mit en mer fur une llotte que lui fournirent lesRois de France, d’Arragon & la Reine de Naples, & aborda à Marseille,,d’où il se rendit à Avignon. A peine il commençoit à s’occuper des moyensde réconcilier Charles V & le Roi d’Angleterre, qu’il mourut le ic) e Decembre

(1) RaynaldLib. & Mutius. Rer. Germon. Lib. 25. (2) Idem. Dubravius. JJist. Boevu

Lib. S2. (3) Raynald. ai ann. 1370. No. 14..

Hijì. d’Ai-lemngne,

1 3 14-1400.

Expéditionpeu glorieu-se de Chat -■lu IV enItalie.

Nouveaues'troubles ínItalie &Paix.