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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 185

rendoit h la cour Impériale, excitèrent la jalousie dti Duc de Gueldres & ^du Duc de Juliers son beau-frère, & pour l’insulter ils mirent en usage Je lema^ne.plus lâche moyen. On vit paroître tout-à-coup une troupe de brigands qui >314-1400.infestèrent les chemins des environs du Duché de Juliers. Plusieurs particu- JJIliers vexés & dépouillés par ces voleurs allerent se plaindre à Wencesílas,

& lui dirent que ces brigands étoient protégés pat le Duc de Juliers qui nonseulement leur donnoit azile dans ses terres, mais leur fournissoit encore deschevaux pour exercer leur brigandage. Le Duc de Luxembourg justement in-digné d’un semblable procédé, envoya des députés au Duc de Juliers, pourse plaindre & de l’infraction qu’il permettoic que l’on fit chez lui aux ordon-nances publiées pour la fureté des voyageurs, & de l'injure personnelle qu’onlui faisoit, par une telle infraction. Le Duc de Juliers reçut très-froide-ment ces députés, & leur parla d’un ton si insultant, que le Duc de Luxem-bourg résolu de tirer de cet affront la plus éclatante vengeance, raslèmblaquelques troupes, & h la tête d’une petite armée de 2500 lances fit uneirruption fur les terres du Duché de Juliers (1). Les Ducs de Juliers & Wmcejlìsde Gueldres qui s’étoienc attendus à ces hostilités, rfiarcherent au devant de mmhectn-l’ennemi. II étoit presque nuit lorsque les deux armées se rencontrèrent & l J c (ZWenceflas impatient de combattre, s'élança au milieu des bataillons ennemis, e ji {autstfmais il fut repoussé, & ses troupes le voyant reculer, s’épouvanterent, lâchèrent fat prisan-te pied, & furent presqu’entierement maílàcrées; Wenceslas tomba au pou-voir du vainqueur, auquel ce succès ne coûta que très-peu de soldats;mais il eut à regretter le Duc de Gueldres son beau-frere qui fut blessé kmort dès les premiers momens du combat.

A la nouvelle de la disgrâce de son époux la Duchesle de Luxembourgimplora le secours du Roi de France ; mais alors ce Monarque ayant à soute-nir tous les efforts des Anglois, fe trouva hors d’état de secourir la Duchesle,h laquelle il conseilla de s’adreílèr à l’Empereur, qui étoit en effet très - affligédu malheur de son frerè, & qui devoit l’être d’autant plus, que c’étoit lui-même que le Duc de Juliers avoit outragé dans la personne d’un de ses vi-caires. Ausii quand la Duchesle de Luxembourg parut à fa cour, elle letrouva disposé à tirer vengeance de l’attentat du Duc. En effet, Charles IVfit les plus grands préparatifs & dans une diete solemnelle qu’il avoit convo-quée' k Aix la Chapelle, il déclara que son intention étoit d’aller, suivi deroutes les forces de l’Empire, porter le fer & la flamme dans le Duché deJuliers. Les Archevêques de Cologne, de Mayence, ainsi que l’Evêque Cha>’es IVde Liege & Albert, Duc de Bavière, cousins du Duc de Juliers tentèrent d ? a- Vpr-pare ádoucir l’Empereur irrité, & lui représencerent si vivement qu’il y auroit plus p n ,!Í 'J ede gloire à se laisser fléchir par le coupable, qu’à écraser un Prince qui, h juìi rs g*cette faute près, étoit plein de valeur & avoit rendu les services les plus es- ìui mdon-semiels à l’Empire, que Charles IV, toujours prêt à préférer les moyens d’ac- ?ie -comodement aux voies de rigueur, consentit à pardonner, pourvu que lecoupable vint publiquement reconnoître la faute. Celui-ci qui frémiffoic dé-jà à la vue des préparatifs qu’on failoit contre lui, se hâta d’accepter avec re-connoissance la condition proposée : il se rendit à Aix la Chapelle , sc proster-

<i) Spcner. Froissard, Tom. 3. p. 266.

Tanin XL, A a