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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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» 36 HISTOIRE DE L’E M P I ft E

VIII na aux P^ds de Charles, auquel il demanda pardon en pleine diece de l’é-Hift. d’AI- norme foute qu’il avoit commise (i). Charles IV comme s’il ne savoir,Icmagne, que dire, gardoit un profond silence, lorsque le jeune Wenceslas son

3 314-1400. à peine âgé de 11 années se levant & regardant le Duc d’un œil de

' courroux; Duc de Julien, dit-il, vous mus avez fait un outrage sensible ,

b fans vos cousins qui ont intercédé pour vousnous vous en aurions fait re-pentir ; continuez de parler jusqu'à ce qu il ne nous refìe plus rien fur le cœurcontre vous , car il vous en coûteroit trop . Le Duc de Juliers obéit, & parses soumissions, il obtint fa grâce, se réconcilia pleinement avec le Duc deLuxembourg, avec le jeune Wenceslas qui avoit montré plus de fermeté queson pere, & avec Charles IV, qui, après cette assez singulière expédition,alla se renfoncer dans la Bohême.

Continua - II s’en folloit de beaucoup qu’en Italie lès perturbateurs de la paix, son-tíon des geassent à suivre l’exemple du Duc de Juliersle plus turbulent d’entr’eux,

troubles l’Archevêque de Milan faisoit chaque jour de nouvelles invasions, commet-ta il " toit fur les terres de l’Eglise les plus affreux ravages, & bravoit les anathè-mes & les foudres que ‘le Pape ne cessoit de lancer fur fa tête. Grégoireécrivoit de tous côtés & à tous les Princes d’Allemagne pour tâcher de lesdéterminer à prendre les armes contre Bernabo; on se contentoit de faire desvœux pour lui, mais personne n’offroit de le seconder; il envoya tout aussiinutilement des nonces & les lettres les plus pressantes à l’Empereur, auquelmême il fit présent d’un morceau du bois de la vraie croix, enchâssé dans unecroix d’or enrichie de pierres précieuses; l’avarice & la dévotion de CharlesIV furent également flattées de ce riche présent; mais il ne valut au Pape au-cune forte de secours de la part du Chef de l’Empire (2).

La violence de Bernabo n’étoit pas la feule cause des chagrins qu’éprouvoitalors Grégoire XI ; les nouvelles qu’il recevoit des progrès des Turcs en Orientétoient pour lui très- allarmantes; la domination de Jean Paléologue, Empe-reur des Grecs s’affoibliíToit de jour en jour ; lesTurcs étant maîtres de la Cher-sonese, d’une partie de la Thessalie, de l’Albanie, de la Servie & de la Bul-garie, le trône des Césars occupé par Paléologue, le plus lâche des souve-rains & le plus débauché des hommes, touchoit à fa ruine, quand épouvan-té à la vûe du péril imminent qui le menaçoit, cet Empereur envoya unnouvel ambassadeur au Pape, pour le prier de le secourir au plutôt; (3)mais que pouvoit le Pape, embarrassé comme il l’étoit à se défendre contreFregris des les Vifconti, en faveur de Jean Paléologue ? Un incident vint rendre à Louis,Turcs cn Roi de Hongrie son ancienne ardeur pour la croisade. Ligués avec les Tar-Orwitfs’ tares? i es Turcs menacèrent d’infulter la Hongrie & de s’en emparer. Af -uA rldi ' ^tte nouvelle qui se publioit hautement ; le Roi de Hongrie fit, de l’aveuCharUs IV. du souverain Pontife, prêcher la croisade dans toutes les terres de fa domina-1373. ' tion, & fit vivement solliciter l’Empereur de prendre part à cette entreprise;il lui fit écrire par le Pape, & le presser par Rodolphe, Electeur de Saxe.Charles resta inébranlable;il répondit que les expéditions de ce genre avoienttoujours été fatales aux Chrétiens, & que Tailleurs il ne penfoit pas qu’il futnécessaire qu’il y eût deux Césars fur la terre. En s’exprimant ainsi, Char-

(1) Froissard. Pag. 268. Spener. (2) Raynald ad ann. 1372. No. 1. Fleury. T. 20.

(3 ) Raynald ad ann. 1373. No. i - Z.