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HISTOIRE DE L’EMPIRE
1314-1400.
Sect.VHI. avantages fur Bernabo, qui, aíToibîì par ses défaites, demanda la paix au S.lìist. d'AI- Siégé, & ne put l’obtenir (1). Grégoire XI étoit «fautant moins disposé àlemagne, accepter les propositions de l’Archevêque de Milan, que les armes de l’E-glise avoient la supériorité, & qu’il comptoit d’ailleurs fur les effets des pro-messes que l’Empereur ne ceffoit de lui faire. Il est vrai que Charles IVparoissoit vivement irrité des excès, de la violence & de la mauvaise foi deBernabo, contre lequel il publia les édits les plus féveres, & où il le trai-toit de perfide, d’impie, d’ennemi déclaré de Dieu, del’Empire, de l’E-gìile & des hommes; afin même de témoigner combien il détestoit la ty-rannie & la conduite de I’Archevêque de Milan , il permit au souverain Pon-tife d’étendre sa puissance temporelle sur toutes les villes de Lombardie, qui,quoiqu’elles relevassent de l’Empire, voudroient ou pourroient s’affranchirdu joug de Bernabo & de son frere Galéas. Sans doute Charles IV aîmoicmieux renoncer en Italie aux droits Impériaux dont il étoit fort peu jaloux,que de fournir au S. Siégé, comme il savoir promis, des secours effectifsqui feufiênt nécessairement exposé à quelques dépenses (2).
Cependant l’appas que l’on offroít aux villes Lombardes en porta plu-sieurs à rompre les liens qui les attachoient fortement aux Vifconti ; Verceildonna l’exemple, elle se mit sous la protection du Pape, malgré tous les ef-forts de Bernabo, qui tenta vainement de s’en remettre en possession, il futcruellement repoussé par Amédée de Savoye : la plupart des autres villes se-couèrent également le joug ,* ensorte que les Vifconti battus , contraintsde fuir de place en place, presque sans troupes, fans ressources, demande-rent la paix plus vivement qu’ils ne l’avoient fait jufqu’alors, & afin que l’onne doutât point de la sincérité de leurs intentions, ils firent dire à Grégoirequ’ils vouloient que les Ducs d’Autriche, défenseurs zélés de l’Eglise, fus-sent les médiateurs. Cette offre fut acceptée, «St le Duc Léopold qui futchoisi médiateur rédigea lui-même les articles du traité, & prit les plus sa-ges précautions pour prévenir la perfidie des Vifcomti. L'accord fut juré depart & d’autre, & Bernabo soumis en apparence, ne posa les armes, quepour renouveller la guerre avec plus de fureur & d’atrocité, aussi - tôt qu’il severroit en état de recommencer les hostilités.
Les tyrans d’Italie n’étoient pas les seuls ennemis qui agitafsenc alors lePontificat de Grégoire, la pureté de la foi étoit altérée dans le Nord; lesdogmes de la religion étoient vivement attaqués, de nouvelles opinions s’in-troduisoient, & le Pape avoit en même tems à réfuter, à repousser, h fou-droyer une foule d’hérétiques: le plus dangereux de tous, Milicius, ébran-loit en Bohême la doctrine de Rome, pour un sujet qui de nos jours peut-être paroîtroit assez mince, mais qu’on traitoit gravement dans le XIV fieele.Le Concile de Latran avoit proscrit en 1215 la communion fous les deux ef-peces, & avoit retranché la coupe. Mais les Bohémiens qui vouloient abso-lument des deux efpeces, avoient continué jusques vers le milieu du XIV e sié-cle communier suivant l’ancicn usage: il vint de nouveaux ordres de Rome,& le retranchement de la coupe excita d’autant plus de tumulte & de troubleparmi les Bohémiens, que l’ancien rit étoit fortement soutenu par Milicius,Chanoine, Prédicateur de Prague, réputé saint par l’austérité de fes mœurs &0 ) Raynald ad ann, J373. No. ío-;3, C 2 ) D- D 74 ' No, 14, 15.
ÎJ Archettê-tue de Mì-ian obtientía Paix.
Disputes deReligion enBohême.