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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. i«p

de son abstinence: en effet, Milicius étoit un homme d’une piété profonde , //(/?. d’A f.

sévere envers lui même, & par cela même fort peu complaisant pour les au- leiDagne,tres. II se mit à prêcher contre le retranchement de h coupe, & ses fer* 1314-1400»

mons attiroient un fi grand concours d’auditeurs, que n’y ayant point d’édi- 1 '.

fìce assez vaste pour ìes contenir, il prit l’usage de prêcher jufqu’à trois foispar jour (1). La cour de Rome indignée de la résistance de ce Prédicateurlui interdisit la chaire. Milicius ne fe tint pas pour interdit & quittant le sujetordinaire de fes fermons, la nécessité de la communion fous les deux espa-ces, il annonça au peuple que l’Antéchrist étoit venu. A cette grande nou-velle, les Bohémiens accoururent de toutes parts, & Milicius prouva ouprétendit prouver son aílèrtion, par le relâchement & les abus de toute es-pace qui s’étoient introduits dans la hyerarchie , par l’extrême négligencedes pasteurs, la vie toute licentieuse des prêtres, les mœurs scandaleuses desévêques, des cardinaux, & fur-tout par l’énormité des richefies temporellesque f Eglise avoit acquises & qu’elle paroiíïòit préférer hautement aux riches-ses spirituelles. Le souverain Pontife envoya des ordres très-preílans pourréprimer & même pour chastèr ce faux Prophète: il écrivit même à ce su-jet à Charles IV, qu’il prioit très - instamment de livrer cet hérétique au brasséculier, mais Milicius ne fut ni condamné, ni jugé hérétique, quelque con-descendance qu’eut l’Empereur pour les volontés de Grégoire (2).

Nous ne faisons que rapporter les faits tels qu’ils fe font passés, & il nenous appartient, ni d’examiner, ni de juger fi les opinions & les déclama-tions de Milicius étoient ou n’étoient point hétérodoxes ; mais nous croyonsne pouvoir nous dispenser d’observer que depuis le XIV íiecle, tous les en-nemis de Rome ont exactement suivi le même plan, à très-peu de choseprès; ils ont tous commencé par fe déchaîner sûr la trop prodigieuse opu-lence temporelle de f Eglise, sur l’irrégularité des mœurs des ecclésiastiques,

& fur indispensable nécessité où les souverains étoient de s’opposer, aux de-mandes pécuniaires fans ceílè renaissantes de la cour de Rome, & à la mauvaiseadministration des trésors de l’Eglise, c’est-à-dire à la vente très-peu édifiantedes grâces purement spirituelles: tous ces déclamateurs avant de faire schismeont demandé une réforme; Rome n’a pas cru devoir déférer à cette deman-de, elle n’a répondu que par des coups de foudre, la persécution s’en estmêlée, & la schisme a été le fruit de la persécution.

A peu près dans le même tems que Milicius fe signaloit contre le Pape, Conduite <íeun autre Docteur Bohémien fe dislinguoit aussi par son attachement à la com- Charles IV.munion fous les deux efpeces, celui-ci, nommé Mathias de Janaw, confesseur,confident & favori de Charles IV ne disoit pas comme Milicius, que l’Anté-christ étoit venu; mais il fe plaignoit amèrement du relâchement des mœursdes ecclésiastiques, & il en vint au point de prier l’Empereur d’afièmbler unconcile œcuménique, afin d’y travailler à la réformation de l’Eglise. Très-content du zele de son confesièur, Charles IV s’empreilà de faire part decette demande au Pape, qui très-irrité de l’audace de Mathias demanda très-vivement lui-même à l’Empereur, de réprimer cet hérétique, & de le ban-

(1) Mathias Flacc. Illiric. Catelog. Test, Veril. Raynald ad eund. ann. No. 10, 13»

(2) lìohusla, Balbinus Epitom. Rtr. Jìthem. Mifcell. Pag, 409.

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