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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. VIII. 195

fgrands Officiers de l’Empire; objet dont le Monarque s’occupoit plus que deJa véritable gloire de la majesté de son rang, qu’il ne connut jamais. Commeparticulier Charles IV fut un bon Prince, il eut même de bonnes qualités.Comme Monarque, il fut un très-mauvais Empereur, un imbécile souve-rain, & comme le disoit Maximilien l’un de ses successeurs il fut la peste deVEmpire (i). II eut quatre femmes, Blanche, fille de Charles de Valois &•sœur de Philippe VI, Roi de France; il en eut 4 filles & la perdit après 20 ansde mariage. Anne, fille de l’Electeur Rodolphe, Comte Palatin duRhin, dontU eut un Prince qui mourut en bas âge. Anne, fille de Henri II, Duc deJauer en baffe Sileíie, dont il eut Wenceílas pour le malheur des peuples.Enfin Elizabeth, fille de Bugiflas V, Duc de Pomáranie qui lui laiflà Sigis-mond, & Jean, il en eut auíïi deux filles. Toutes ses filles furent très-bienmariées, la plupart à des souverains.

Comme le calme & le silence précédent la tempête, de même les regnesdes tyrans font communément annoncés par des jours tranquilles & féreins.Denis, Néron, Phalaris, Alexandre de Pheres &c. commencerent par don-ner aux nations, qu’ils soulevèrent ensuite, les plus brillantes espérances.Néron, le plus cruel des monstres, quelles qualités respectables n’avoient pasparu d’abord le caractériser! Qui ne íçait par quels traits de clémence, dedouceur & d’humanité il fit les délices de Rome pendant les premieres an-nées de son détestable régné ! Wenceslas encore plus féroce que le successeurde Claude, trompa aussi les peuples, qu’il affecta pendant quelques mois d’é-blouir, par les vertus les plus opposées aux vices qui le dominoient, par unegrandeur d’ame incompatible avec fa cruauté naturelle; enfin, par une gé-nérosité d’autant plus trompeuse, qu’il étoit le plus avide des tyrans & leplus oppresseur des despotes. II commença comme finit Titus; mais cesbeaux jours s’écoulerent rapidement, k peine la mort de Charles IV eut faitpalier dans les mains de Wenceslas, alors âgé de 1/ années, le sceptre del’Empire, que ce Prince, montrant le zele le plus vif pour la gloire de sontrône & le bonheur des peuples, parut vouloir fe consacrer entièrement auxsoins de l’administration. II est vrai qu’il ne tarda point à fe distraire de sespénibles occupations par des fêtes bruyantes, & que dès-lors même il fitquelques actions qui décéloient en lui les vices d’un homme fans mœurs &l’ame d’un tyran: mais, éblouis par les brillantes espérances qu’ils avoientconçues des grandes qualités qu’ils lui supposoient, les peuples ne virent en-core dans ces égaremens que les écarts d’un jeune homme bouillant, & lesâns peu réfléchis d’un caractère impétueux (2).

Les Papes Urbains & Clément rempliffoient l’Italie & l’Europe du bruitde leur violente querelle, & pendant qu’ils épuifoient l’un contre l’autre lesfoudres de l’Eglife, chacun d’eux attiroit par toutes sortes de moyens le plusde partisans qu’il lui étoit possible ; & le schisme qui déchiroit l’Eglise divi-soit aussi les citoyens dans la plupart des Etats de la chrétienté ; les ecclésias-tiques fur-tout, qui tenoient, les uns pour Clément, les autres pour Urbain,difputoient à outrance, cabaloient, suscitoient des haines & fomentoient des

(1) Maimbourg Ilist. de la décad. del’Emp. Spener £? ails. (2) Maimbourg Hst.àt la décad. de l’Emp. Spener ai ann. 1380.

Bb 2

Ilist. d'Al-lemagne,

1314-1400.

Sa postérité.

Heureuxcommence -ment durégné deWertceílas.

1379 .

Progrès dtt

schisme.1380.