D’A L L E M A G N B. Liv. XXV. Sect. Vin. ïc>?
mauvais parti qull eût h choisir, celui d’appeller à son secours des troupes Hìst.á'tii,de voleurs, en partie Bohémiens, en partie Tartares, qui exerçoient leur lemagne,brigandage dans ces contrées, & qu’on appelloi t Tardvenus; à la voix de 'Sso-ipo.Wencesias, ces brigands accoururent en foule, & la Bohême fut inondée,d’une armée d’assassins, qui, fous prétexte de défendre la cause du Souverain,ravagèrent le Royaume, &, chargés de butin, allerent vendre leurs servi-ces ii Jeanne, Reine de Naples. Cette irruption acheva d’irriter contre leurTyran les sujets de Wencc-slas, qui, peu sensible à la haine publique, conti-nua de fe déshonorer par la plus fçandaleufe débauche (i)-
Si l’Empire étoit malheureux par l’incapacité d’un aussi mauvais Sou- Etat de r Lverain, l’Eglise, pour avoir deux chefs, n'en étoit gueres plus heureuse, taiie UrbainEgalement obstinés à s’entredétruire Urbain & Clément étoient damant Aâ,plus ambitieux de régner à l'exclusion l’un de l'autre, que le parti de jtehe dachacun d’eux étoit très - nombreux dans la Chrétienté. II est vrai qu’ils Nulles,
ne combattraient pas les armes à la main : mais la guerre qu’ils fe faifoient.
n’en étoit pas moins violente. Urbain du haut du Vatican anathématifoicClément, qui, de son palaisd’Avignon excommunioit Urbain. A ces armes >qui, pour être trop usées, avoient beaucoup perdu de leur force primitive, lesdeux Papes ajoutoient l’intrigue, la cabale, la voie des négociations; & plushabile dans ce genre d’hostilités que son concurrent, Urbain voyoit la plusgrande partie des Princes d’Italie dans son obédience: il n’y avoit que Jeanne,
Reine de Naples qui refufoit de fe -détacher du parti de Clément, A cet-te résistance enflammant Urbain de coíere, il commença par excommunierJeanne , & envoya ensuite prier le Roi de Hongrie d’engager Charles de
Duras à accepter la couronne de Naples , & à palier en Italie pour s’en
saisir (a) (*).
Tandis que la causé & les armes d’Urbain avoient en Italie la supério-rité , les Allemands étoient toujours également divisés entre les deux Ponti-fes. A Toul, le Cardinal de Neufchatel qui en étoit Evêque; reconnois-ioic, ainsi que son chapitre, Clément pour légitime Pape: mais les bour-geois de cette ville, partisans déclarés d’Urbain,.imaginèrent de procéder à
(j) Trithem. Clìron. Hirsang. ai ann. 1380. fa) Bonfin. Histor. Hung.
(*) Nous avons dit ailleurs, que Charles de Duras, qui avoit des prétentions au sceptrede Hongrie, & qui d’ailleurs étoit né sujet de Jeanne, balançoit à accepter les offres duSouverain Pontife. Cependant Louis Roi de Hongrie qui craignoit qu’après fa mort,
Charles de Duras ne fit valoir ses droits, )e pressa fi vivement, que ce Prince, aprèsavoir promis à Louis, de ne point inquiéter ses filles , auxquelles la couronne de Hon-grie devoir appartenir par droit de succession, fe rendit à l'invitation d’Urbain; il par-tit suivi d’une petite armée de 8 mille hommes, & par la célérité de fa marche .& sonarrivée en Italie, il épouvanta si fort Jeanne de Naples, que croyant détourner fora-ge qui la menuçoit, elle adopta pour son successeur Charles d’rfnjou, frere de CharlesV, Roi de France : mais ce fut cette précaution même qui hâta fa ruine, car les noblesL le peuple également indignés, & ne voulant point d’un Souverain François, se dé-clarèrent ouvertement pour Duras, qui, de Rome où le Pape Urbain lui donna l’in—vestiture de Naples, marcha vers les Etats de Jeanne, pénétra jusqu’á Naples, battítr-Othon, mari de cette malheureuse Reine, la força de fe rendre, & pour n’avoir plusune telle concurrente à redouter, la tìt étrangler quelques jours ap ès. Oder, RaynaUi : -ad ann. 1381. Gobel. aitat. 6. c. 76. Fòy. le Tune 37 de cette colleftion. Histoire des. RvyflU*pies de Nipki de Sicile. Liv, 24, Cbap. 9. Seà. 4. Pag, i8<5. £? suivantes,
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