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& lâche, comme le sonc ordinairement les tyrans, demanda bassement lapaix, &, pour l’obrenir, fut contraint de céder à Robert les villes du hautPalatînac, & d’en donner plusieurs autres en engagement aux Ducs de Baviè-re, jufqu’ii ce qu’il leur eût payé les cent mille florins que Charles IV avoirpromis à Othon.
Peu contens de ces avantages, les Princes de l’Empire, indignés de lamauvaise conduite de Wenceslas, lui envoyèrent dire qu’ils le prioient aunom du corps Germanique, de fe montrer plus digne du rang qu’il occu-poit, de tenir plus fréquemment des dictes, & de visiter avec plus d’aífiduitéles provinces de l’Empire. Trop occupé de ses plaisirs, trop enivré de sesdébauches pour faire quelque attention à ces répréfentations, Wenceslas re-çut très-froidement les députés des Princes de l’Empire, les renvoya fortmécontens, & continua de se plonger dans la plus honteuse crapule. Lesvilles & les seigneurs d’Allemagne ne pouvant plus compter fur la protectiond’un tel souverain, prirent de sages mesures pour assurer la paix & fe procu-rer la sûreté des chemins, infestés parles brigands dans toute l’étendue del’Allemagne; elles formerent entr’elles des confédérations & renouvellerezles anciennes ligues contre quiconque, fans nulle exception, attenteroit à latranquillité. A l’exemple des villes , les Princes & les Seigneurs, pourse mettre en état de défense, formerent entr’eux de semblables associa-tions (1).
Le Nord étoit presqu’auffi vivement agité que l’Allemagne. Olaiis V,Roi de Dannemarck mourut à peine âgé de 22 années, & fans laiííèr depostérité: Marguerite fa mere, Princesse habile, ambitieuse, magnifique &très- voluptueuse, occupoit depuis quelque tems le trône de Norwege. Fil-le de Waldemar, Roi de Dannemarck, elle crut que cette qualité lui don-noit des droits fuffisans au sceptre Danois, & elle fit valoir fes prétentions:mais Henri de Mecklinbourg, frere d’Albert, Roi de Suéde avoit épouséIngeburge, sœur ainée de Marguerite, & les droits d’Ingeburge paroiíîoientplus évidens que ceux de Marguerite. II est vrai que celle-ci avoit pourelle la supériorité du génie & la plus grande activité. Pendant que l’épouxd’Ingeburge fe préparoit à faire approuver fes raisons, l’adroite Margueritemit dans son parti les évêques, le clergé & les moines Danois, qui caba-lerent pour elle avec tant de succès, que dans les assemblées particulièresdes différentes provinces du Dannemarck, elle fut reconnue feule & légitimeSouveraine. Ulcéré de ce choix, Henri de Mecklinbourg, résolu d’avoirpar la force la couronne que les Danois avoient donnée à fa rivale, se liguaavec le Roi Albert son frere, les Comtes de Holstein & les villes de Ham-bourg, de Breme & de Lubec. Mais pendant que Henri s’occupoit toutentier de ces préparatifs qui sembloient en effet, devoir lui assurer le trône,sambitieufe Marguerite, peu contente des couronnes de Norwege & deDannemarck, formoit le projet de détrôner Albert, & de joindre à fes deuxsceptres celui de Suede. Les circonstances lui étoient favorables; la plupartdes seigneurs Suédois très - mécontens de leur souverain, s’étoient retirés hla cour de la Reine de Norwege & y avoient été comblés de bienfaits. Albert
(1) Adlzreitt. Barre ib. Hifl. Dan. T. 4 . Hist. Luxemb, Liv. 57.
Hìfi. d'Al-lemagne,r3i4-j4o».
Ligne entreles villes,U' les Sei -gneurs.
MargueiittReine diNorwegeréunit is facouronnecelles deDanne-marck &de Suede.
1384.
1385 .
13L6.