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HISTOIRE DE L’EMPIRE
lsmagne,1314-1400
ÇwrVill avoir achevé de fe rendre odieux à la nobleílè & au clergé, donc 11 avoirft't.'d’Al defpotiquement réuni la troisième partie des fiefs à son domaine. Les émis-saires de Marguerite aigrirent si fort les esprits, déjà trop disposés à la révol-te, que tous les Suédois fe soulevèrent en même tems, envoyerent offrir la" couronne à Marguerite, à firent signifier au Roi Albert, qu’ils renonçoìentà Tobéissance qu’ils lui avoient jurée, & en même tems, ils proclamèrentReine de Suede, Marguerite, dont les troupes fe joignirent à l’armée des ré-voltés. Albert soutenu par tous les seigneurs de fa maison & par les che-valiers de Tordre Teutonique, marcha contre les rebelles, leur livra batail-le, fut battu, ses troupes massacrées, & lui-même fait prisonnier avec sonfils Eric & la plupart des seigneurs , qui avoient combattu sous ses dra-peaux (x).
Cette victoire ne procura cependant point encore la couronne de Suede àMarguerite; les Suédois par un scrupule fort bisarre, après ce qu’ils avoientfait, ne crurent pas devoir disposer de la Souveraineté, tant qu’Albert, dontla déposition n’étoit pas encore juridiquement prononcée, resteroit prison-nier. Dans Tespérance de rétablir ce Prince & de se venger eux - mêmesdes pertes qu’ils avoient éprouvées, tous les seigneurs de la maison de Mec-klinbourg réunirent à leurs forces celles des villes de Lubec, de Breme &de Hambourg, firent en Allemagne des levées considérables de troupes, &porterent le ravage & la dévastation dans la Suede, qui, pendant plusieursannées fut en proie aux plus violentes hostilités. L’obstination de tant d’en-nemis réunis ne découragea point Marguerite, & pour affoiblir tout d’uncoup la force de leur confédération, auffi habile négociatrice, qu’illuslresouveraine, elle fit un traité avec le Duc de Sleeswick & les Comtes deHolstein. Comme ce n’étoit que par intérêt pour ces Princes que les villes" de Hambourg, de Breme & de Lubec avoient pris part à cette guerre, ellesne furent pas plutôt instruites du traité, qu’elles rappellerent leurs vasiàuxqui faifoient la principale force d’AIbert : enforte que ce Prince abandonnéde ses alliés, & prisonnier de Marguerite, se crut trop heureux de recou-vrer la liberté au prix du sceptre de Suede auquel il renonça : il se retira au-près du Duc Henri son frere, & Marguerite fut solemnellement reconnueReine de Suede ( 2 ).
Pendant que la guerre embrasoit le Nord, Cunon de Falkenstein, Ar-chevêque de Trêves, & qui s’étoit démis de fa dignité en faveur de Wer-ther de Conigsteinfon petit-neveu, expiroic, & laissoit une vaste successionà recueillir; il avoir aimé singulièrement l’alchimie, & l’immenfité des biensqu’il avoir ramassés, avoit persuadé au peuple que ce Prélat possédoit le chimé-rique secret de la pierre philofophale. Par quelques moyens que Cunon fe futsuffi prodigieusement enrichi, Ténormité des biens qu’il laissoit, causa desdémêlés très-vifs entre Philippe de Falkenstein son frere, Frideric Arche-vêque de Cologne, & Werther; mais celui-ci par fa sagesse parvint à paci-fier ces différens, même fans mécontenter les avides afpirans à cette succession.
Cunon
Eìltphe de tousceux quis'opposent àson nggraiimdìjscvunt.
(1) Pontinus Rir. Dm. Hisior. Huitfeld. Eijì, Dan, T. 4» '<Metjrfxiís JUJìor. Dan. ad ann, 1 384.
(2) Idem. ibid,