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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’ A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 201

Cunon avoic été très-opulent: Wernier son petit-neveu se rendit fort ré- Hìst. à'AX-spechble par sa vigilance à défendre les droits de ses diocésains, à réprimer lemagne,les seigneurs qui saisoient des irruptions fur les terres de Trêves, ainsi que 1 3 r4 Hco .par le succès de quelques expéditions militaires, & entr’autres, le siégé de '

Wc-sel sur le Rhin, en 13gp, pendant lequel, disent les chroniqueurs dutems,on fit uíàge de canons & bombardes. Mais ce qui fit h Wernier bien plusd’honneur encore que ses succès & ses conquêtes, ce fut la générosité qu’ileut de renoncer, contre ses intérêts, b un abus fort ancien, & par lequell’Archevêque de Trêves étoit seul héritier de tous les Ecclésiastiques de sonDiocèse, soit qu’ils mourussent ab intejìat , ou qu’ils eusiènt pris soin de dé-clarer leurs dernieres volontés (1).

De tous les Princes d’Allemagne celui qui s'étoit le plus fortement op- Ihjlilitisposé à la promotion de Warner Archevêque de Trêves, étoit Léopold, de Léopold,Duc d’Autriche, ennemi déclaré de l’ancien Archevêque Cunon, par ce-la seul que ce Prélat a vol t constamment approuvé la conduite des Suisses tuiesSuis-dans tout ce qu’ils a voient entrepris pour secouer le joug de la maison J*s-d’Autriche; & Léopold embrasé du désir de punir les cantons & de les J 387-

obliger de rester sous fa puiflànce, fit les plus grands préparatifs, & dé-clara la guerre s la confédération Helvétique. Le soin que nous avonspris de raconter ailleurs les évenemens de cette guerre, qui acheva d’abattrejufqu’aux prétentions de la maison d’Autriche sur l’Helvétie, ne nous permetpoint de rendre compte ici de la mémorable journée de Sempnch, & de Pé-dalante victoire remportée par un petit nombre d’intrépides Helvétiens, furl’innombrable armée commandée par le Duc Léopold (2).

Encouragées par Pexemple & le bonheur des Suisses, les villes d’Alsace,de Suabe & du Rhin, également ambitieuses de se procurer la liberté, ar-mèrent, pour se délivrer de Poppression des Princes qui vouloient ks assujet-tir, & envoyerent ravager les terres de Robert, Comte Palatin, qui exer-çoit fur elles le plus de vexations; Robert furieux de l’injure, rassembla sestroupes, alla dévaster la basse Alsace, & se signala par les atrocités qu’ilcommit fur tous les malheureux qui tomberent en fa puissance. Le Marquis-de Bade ne traitoit pas avec moins de sévérité les habitons des environs deStrasbourg, qui à leur tour allerent saccager le Marquisat de Bade. LeComte de Linange agité par • la même fureur incendia plusieurs villages dé-pendans de Strasbourg. Les Magistrats de cette ville, pour se venger com-plettement, envoyerent des troupes vers la ville de Brumpt qui appartenoit àce Comte, & elles eurent ordre d’en exterminer les habitans, quoique très-innocens des ravages commis par leur Seigneur. Ces ordres sanguinaires nefurent que trop exactement remplis. Les Strasbourgeois se saisirent de TroublaBrumpt, en firent fermer les portes, en égorgèrent tous lc-s habitans, fans d’Aljact.distinction d’âge, de sexe, ni d’état, pillèrent tout ce qui pouvoit être em- I388 *

porté, & réduisirent en cendres la ville, ainsi que les châteaux, les bourgs& les villages appartenans au Comte de Linange: celui-ci à la vérité, s’ilne répara point le mal de ses valseux, vengea leur mort par les incendies &

(1) Trevir: Chrtnic. T. 2. P. 254-255. (r) Voy. dans cette collection Tom, 35.

Histoire des Cantons Suijses. Liv. 24. Chap. 15. Scá. 4. Pag, 121. & /w iv.

Tome XL. C c