Ilisi. d vu-
k’ma^ne ,1314.14c o.
D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. L29
íece, va dans l’appartement du Gouverneur, Je fait saisir, & Je menace de lefaire égorger h l'instant même, s’il refuse d’écrire au Gouverneur & aux Ma-gistrats de Prague une lettre telle qu’il la lui dicteroir. Le Gouverneur allar-mé obéit, &, fous la d'ctáe de Wenceslas, il écrit que ne pouvant allerrendre compte aux Magistrats d’une affaire de la plus extrême importance, illes prie de venir au plus vite â Visigrade. Le pêcheur déguisé en officier,porte cette lettre à Prague, & les Magistrats, ainsi que le Gouverneur de lacapitale fe hâtent de fe rendre à Visigrade, où ils ne font pas plutôt arrivésque i’Empereur les fait dépouiller, & enfermer dans la prison du Fort (1).L’Empereur sentant que le succès de son entreprise dépendoit de la célérité,ne perdit point de tems, & faisant revêtir trente soldats des habits des Ma-gistrats dont il venoit de s’aílùrer, il fe rendit à Prague, où il alla s’enfermerdans le château, jusqu’à l’arrivée du Duc de Schweidnitz. Alors Wenceslas fieavertir tous ceux qui lui avoient montré quelque attachement, ainsi que ceuxd’entre les Bohémiens dont il croyoir être fur; en forte que dès la nuit sui-vante une foule de Bohémiens ayant été introduits dans Prague, & s'étantjoints aux troupes du Duc de Schweidnitz ils fe répandirent de rue en rue,criant: vive I'Empereur & la liberté, & massacrant tous les citoyens quiavoient le malheur de fe rencontrer fur leurs pas : une foule de ceux - ci allè-rent fe jeter aux pieds de I’Empereur, qui paroislànt ému, fit ceslèr le car-nage & remit au lendemain à décider du fort des habitans. En effet, dès le Ti c[i rêta-point du jour, Wenceslas fit publier qu’il laiílèroit la vie à tous ceux qui ap-porteroient leurs armes fur la place publique, & qui donneroient un étatéxact de leurs biens & de leurs richesses: d’après ces états qu’on s’empreslàde donner, il taxa les seigneurs & les bourgeois à des sommes exorbitantes,qu’ils furent contraints de payer (2).
L’Empereur fut si bien secondé par son frere le Duc de Schweidnitz qu’enpeu de jours la Bohême entiere fut soumise & qu’il remonta au trône, avecd’autant plus de facilité, que Sigismond dont les Etats étoient menacés parune armée de Turcs, étoit allé défendre fes droits & fes íujc-ts. Pendant quela Bohême rentroit forcément sous le joug du despote qui l’opprimoie, l’Al-lemagne plus paisible n’étoic troublée que par les cris & les disputes des théo-logiens qui soutenoient, les uns la cause d’Orbain, les autres celle de Clé-ment: le plus grand nombre néanmoins demandoit un concile général quirendit le calme à l’fîglilè. Un événement inattendu parut devoir mettre fin MortdsCìé-à ce malheureux schisme. Clément VII mourut, & le Roi de France, ainsique plusieurs Prélats d’Allemagne fe hâtèrent d’écrire aux Cardinaux d’Avi- xiiïluignon, pour les prier de ne pas procéder h une nouvelle élection: mais dans s UC ciJe /sce tems-là même les Cardinaux assemblés en conclave, après avoir juré fur les schismessSS. Evangiles que celui d’entr’eux qui seròit élu renonceroit au Pontificat,si les autres Cardinaux le jugeoient nécesiàire pour le bien de l'Eglise, élu-rent Pierre de Lune, Cardinal d’Arragon qui prit poíïèslìon du S. Siégé sousle nom de Bénoit XIII (3).
On promet volontiers de renoncer à ce que l’on n’a pas, quelqu’ardem-
(1) Bonsin. Dècad. 3. L. 4. Hijl. Luxemh. Dubraviiis. (2) Idem ibidem Barre Hifl.
$ Allemagne Tom. 7. B. 58. (3) Baffiz, Vuœ Pa[>ar y dvffl Univ, Paru T. 4.
Tome XL. D d