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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’EMPIRE

SecT.VItr.m. J’Al-lemagne ,1314-1400,

JVencesl ilm à Rheimseù il fe faitmépriser.

139S.

ment qu’on le désire; mais il est rare qu’on consente à abandonner une émi-nente dignité, quand on en est en possession. Bénoit XIII, sans refuser ouver-tement d’acquitter la promesse qu’il avoit faite avant son élection, ne fut pasplutôt assis fur la chaire Pontificale, qu’il ne s’occupa plus que des moyensde s’y affermir, & d’éluder fous mille différons prétextes, rengagement qu’ilavoit pris. Fatigués des détours qu’employoient les deux Papes, Bonifacc &Bénoit pour fe maintenir tous les deux, à l'exclusion l’un de l’autre, les Pré-lats d’Allemagne firent tous leurs efforts pour les engager à rendre la paix àl’Eglife, & à abdiquer: ils refusèrent, & on convoqua une diete à Franc-fort, h laquelle l’Empereur ne voulut point assister; on y délibéra long-tems,& l’on n’y décida rien. Wencesias qui n’avoit pas jugé à propos d’assister àcette diete, où la présence du chef de l’Empire eut cependant été si néces-saire, prit tout-h-coup la résolution de travailler à mettre fin au schisme,& dans cette vue il écrivit au Roi de France, qu’il se rendroít à Rheimspour conférer avec lui sur cet important objet. En vain les Princes de l’Em-pire tâchèrent de le dissuader de ce voyage, d’autant plus ridicule en effet,qu’abruti comme il l’étoit, il ne pouvoit que déshonorer à tous égards lerang qu’on lui laissoit occuper. II rejeta tous les avis qu’on lui donnoit, semit en route, sc rendit à Rheims, où il fut reçu avec les honneurs les plusdistingués, & où il resta quelques jours perpétuellement enseveli dans le som-meil de l’yvrelse. II y eut en effet une conférence à laquelle assistèrent les Pré-lats les plus respectables du Royaume présidés par le Roi de France: Wen-cesias accablé des vapeurs du vin, fut de tous les avis, approuva toutes lesopinions, & promit de faire ratifier dans une diete qu’il tiendroit en Allema-gne, le résultat de cette assemblée: & ce résultat fut que Pierre d’Ailly, Evê-que de Cambrai iroit à Rome pour exhorter, au nom de l’Empereur & duRoi de France, le Pape Boniface, à ne pas s’oppofer à sélection d’un nou-veau Pontife: fy consentirai volontiers ; répondit Boniface, pourvu que Bé-noit qui fe dit Pape , à Avignon , fe démette de son côté (1). D’aprcs cetteréponse plus adroite que sincere, ses Prélats de France résolurent de fe sous-traire à l’obédience de Bénoit XIII, vers lequel Pierre d’Ailly fut envoyépour en obtenir la démission: mais moins politique que son concurrent, Bé-noit répondit fans détour qu’il n’en feroit rien; que son élection étoit très-canonique, & qu’il prétendoit jouir du suprême Pontificat jusqu’à la mort:en vain les Cardinaux le preflèrent d’agir conformément au serment qu’il avoitfait avant son élection; Bénoit, qui comme chef de TEglisê dispensoic les au-tres des fermens qu’ils avoient faits, s’en dispense lui-même, se.laissa assié-ger par les François dans Avignon, & fe retira dans la citadelle, où il reí’aprisonnier pendant cinq ans, refusent obstinément de se déíaisir des clefs deS. Pierre.

Tandis que l’ambition des deux Papes agitoit l’Italie, la France & l’Aîle-magne, l’illustre Marguerite, prenoit dans le Nord les moyens de réunirfous une même domination les trois couronnes qui décoraient fa tête; &,pour y parvenir, elle gagna par ses bienfaits les Allemands, & s’attacha lesPrinces de Holstein: mais au moment où elle comptoit parvenir à cette réu-

0 FsQissaid. L. 4. apud Spond, ail ann, 1398.