D’A L L E M A G N E. Lrv. XXV. Sect. m ars
filon si désirée, les Suédois qui la voyoient fans enfans & qui craignoientqu’après fa more les prétentions du Duc de Mecklinbourg ne renouvellasièntles troubles, lui proposèrent de se marier, & d assurer par une alliance avan-tageuse le bonheur & la tranquillité de la Suede. Marguerite étoit fans con-tredit Tune des femmes les plus voluptueuses de son tems; mais si elle ai-moit le plaisir, elle détestoit d’avoir un maître, & ne vouloir point recon-noître d’égal dans ses Etats: aussi éluda-1-elle avec beaucoup d’adrestè lesinstances des Suédois, &, pour les satisfaire, du moins en apparence, ellele choisit un fucceflèur; mais si jeune qu’elle étoit bien assurée de ne jamaispartager avec lui la puissance souveraine; ce successeur fut son petit-neveu,le fils de Wratistas VII, Duc de Poméranie & de Marie de Mecklinbourg (i)-Après avoir fait approuver par les Etats de Suede le successeur qu’elle íedonnoit, Marguerite convoquant à Colmar les Etats Généraux des troisRoyaumes, de Norwege, de Dannemarck & de Suede y porta cette loi cé-lébré connue fous le nom d q V union de Colmar , par laquelle les trois Etatsne formèrent plus qu’une même domination: loi qui fut dans la fuite unesource de guerres qui enflammèrent le Nord pendant plus de cent ans. CetEdit paroiflòit néanmoins applanir par avance toutes les difficultés. II étoitstatué par le i« article que les trois couronnes électives n’auroient à l’avenirqu’un Roi, que les Etats des trois Royaumes éliroient alternativement. Parle 2 e , il étoit réglé que le Souverain résiderait successivement dans les troisRoyaumes, & consommerait dans chacun les revenus de chaque couronne,fans qu’il lui fut permis de transporter, ou faire palier ailleurs ces revenus.Ensin, le troisième ordonnoit que chaque Royaume conserverait fes Ioix, fesprivilèges, fes coutumes, son Sénat, fes Magistrats, & que les postes & lesemplois, ainsi que les évêchés ou autres bénéfices ne pourraient être remplisque par des sujets de chacun des trois Royaumes, fans qu’il fut, fous aucunprétexte, permis au Souverain de fe servir d’étrangers, ou même des sujetsdes deux autres Royaumes, qui en cela, feraient réputés étrangers.
Tout concourrait au succès de Marguerite : à peine les trois Royaumes fefurent soumis à Vunion de Colmar, que, le Duc Albert de Meklinbourg,pénétré de regret de la mort du jeune Eric son fils, en faveur duquel il n’a-voit pas voulu jufqu’alors renoncer à fes prétentions fur la Suede, céda àMarguerite tous les droits qu’il pouvoit avoir fur cette couronne, & récon-cilia même avec cette heureuse Souveraine les habitans de Stockholm, quin’avoient voulu reconnoître que lui pour Souverain. 11 ne restoit plus qu’u-ne chose qui inquiétât Marguerite ; les Chevaliers Teutons possédoient l’ilede Gothland dont ils avoient fait la conquête fur les pirates que le Duc deMecklinbourg avoit invités à venir ravager les possessions des Suédois. LaReine commença par tenter de s’emparer de cette île par la force des armes;mais elle y éprouva une si vigoureuse résistance, qu’elle eut recours à la né-gociation; ce moyen lui réussit, &, pour une somme aílèz peu considéra-ble, Tordre Teutonique lui céda pour toujours l’île de Gothland (2).
L’Empereur Wenceflas.étoit alors occupé de toute autre chose, que de
m. d'Ai-
leinagne,
1314-1400.
La ReinsMargueri-te Je choisitun Jucces-feur.
Dispositionde l'kdit dtla réunionde Colmar.
Succès deMargue-rite,
(1) Meursius Lìisi. Dan. Pontanus Rerum. Dan. Histor. Huitfckl Ilìjl. Dan. T. 4.(r) Huilfdd Ilist. Dan, T. 4. Pontanus, Meurûus,
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