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HISTOIRE D E L’E M PIRE
Sect.VIII.H-fl. d’Àl-Jemagne ,1314-1400.
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II joue lePape.
Nouvaugenre à'nurjiin.
guerres, de conquêtes & de moyens de soutenir la splendeur de PEmpire. En-respectable Impératrice Jeanne écoit morte, & il songeoit à se marier avec So-phie, fille du Duc Etienne de Bavière. Cette union sut célébrée avec beau-coup de pompe à Egra; & ce fut â l’occafion de ce mariage, que l’Empe-reur porta les coups les plus funestes, les plus irréparables à l’Empire. Enester, après qu’il eut dissipé en fêtes, en folles dépenses les revenus ordinai-res de l’Etat, il eut recours, pour se procurer de nouveaux fonds, aux plusétranges expédions. Peu content de vendre indécemment les dignités lesplus éminentes, il vendit aux plus offrans les fiefs que l’Empire conservoitencore en Italie; ce fut ainsi que pour 150 mille écus d’or, il déclara hLombardie indépendante de l’Empire, & Galéas Vifconti suprême Souverainde ce Duché (i)- H s’occupoit de ces aliénations, quand Boniface IX luifournit un nouveau moyen de s’enrichir; ce bon Pontife, qui vraisemblablementconnoisiòit mal le chef de l’Empire, lui écrivit & le prell'a fort vivement d’al-ler à Rome se faire couronner Empereur. Wencefias qui ne songeoit h rienmoins qu’a ce couronnement, montra le plus grand zele, dit qu’il ne désiroit rientant que de recevoir la couronne des mains du chef de l’Eglife, & qu’il par-tiroit aussi-tôt que le Pape lui auroit accordé, pour subvenir aux frais de cevoyage, une décime fur le clergé d’AIIemagne. Boniface y consentit; cettedécime fut très-exactement levée; elle produisit beaucoup; le produit futdépensé en débauches & en excès de tout genre , & Wencefias ne fe souvintpas même qu’il s’etoit engagé de fe rendre h Rome. II ne songeoit à rienqu’à assouvir la brutalité de íès passions, & s’embarrasToit peu de l’Empire &de l’Allemagne, ni des maux qui les défoloient. En effet, fous ce lâcheEmpereur la nation Allemande fut si peu redoutée, qu’ûsiurés de l’impunicé,les Polonois rompant leurs anciens traités, firent, des incursions dans la Silé-sie, où ils. commirent des ravages affreux (2).
Insensible à ces malheurs, Wencefias & fes ministres ne s’occupoìent quedes moyens plus ou moins tyranniques de fouler les citoyens ; mais il faut ren-dre cette justice à l’Empereur, que ce fut lui qui indiqua à fes ministres uneressource, en apparence fort heureuse h la vérité, mais qui ne laiílà pourtantpas de hâter la ruine du Monarque. Après qu’il fut remonté fur le trône,quand Sigismond l’en eut chassé, il n’avoit point accordé d’amnistie aux re-belles, qui l’avoient livré h son frere. II fe souvint heureusement de cet ou-bli , & fit porter contre ces Bohémiens des accusations de crime de Leze-Majesté; accusations d’après lesquelles les juges préposés à la connoiffancede cette affaire, condamnèrent les villes de Prague, de Pilfen, de Budweifs,ainsi que beaucoup de bourgs & de châteaux comme coupables de haute trahi-son , & adjugèrent à l’Empereur les biens de tous leurs habitans. On com-mença ’a procéder si rigoureusement à l'exécution de cette sentence, que laplupart des gentils - hommes oc des citoyens riches, dans la vue de sauver dumoins quelques débris de leur fortune, allerent implorer la clémence du Sou-verain, qui, après s’être fait long-tems solliciter, leur ordonna de donnerdes obligations en blanc, & que Wencefias eut grand foin de remplir desommes exorbitantes.
(1) Struvius Period. 9. 7.
P eh. Mogmnt. Toai. 1.
(2) Dubravius fíifl. Boktm. Georg. Christ, not. is