ÎV ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. VIII. ai$
Tant d’injustices, de folies, d’actes d’iniquité soulevèrent les Princes def Empire; ils s’aísemblerent à Boppart fur le Rhin & ensuite à Francfort,pour délibérer fur les moyens d’arrêter les déprédations du tyran. Quelquesprécautions qu’on eût prises pour tenir les assemblées fecrettes, Wenceslas enet t connoistànce, &, persuadé que de telles délibérations ne pourroient quelui être - défavorables, il fit tous fes efforts pour les rompre; il s’épuifa enpromesses, & alla même jufqu’à s’engager à tenir une diete générale où ilrémédieroit aux maux & aux désordres dont on se plaignoir. Ces raisons nefirent aucune sensation fur les Electeurs, ils s’aísemblerent encore, & le ré-sultat de la délibération fut qu’on obligerait Wenceslas à choisir son frere Si-gismond pour Vicaire de l’Empire. L’Empereur rejeta ces propositions,& ne croyant plus lui devoir des égards, les Princes formerent une confédé-ration k la tête de laquelle étoient les Archevêques de Mayence, de Cologne& de Treves, l’Electeur Comte Palatin, le Duc de Saxe & de Lunebourg,le Burgrave de Magdebourg, & le Comte de Breme; ils s’aslèmblerent àFrancfort, aux vives instances, dit on, du Pape Boniface, qui ne pardonnoicpoint à Wenceslas d’avoir dissipé le produit de la lévée des décimes, & d’avoirvendu àGaléas Vifcomti laLombardie. L’Empereur si t vainement tous fes ef-forts pour rompre les projets des Electeurs, il ne put parvenir qu'à retarderde quelques jours fit chute: car les Princes s’aísemblant à Mayence prirent larésolution d’obliger Wenceslas de renoncer h l’Empire, & fur son refus dele déposer, déclarer le trône vaccant & procéder à sélection d’un nouveauRoi des Romains. I) après ce résultat on envoya sommer l’Empcreur de sereadre à la diete; mais bien loin de répóndre à cette sommation, il déclaraqu’ìl cafi'oit par avance tout ce qu’on y résoudrait, & qu’ii mettroit au bande l’Empire quiconque oserait fe charger de 1 exécution des délibérations quiy feraient prises (i).
Ces menaces ne l’intinaideront point; il est vrai que l’Archevêque de Mayen-ce ayant convoqué une diete à Landilein, les villes Impériales n’y envoye-rent point de. députés, il ne s’y trouva avec les trois Electeurs ecclésiastiquesque Robert, Comte Palatin, le Burgrave de Nuremberg, & un fort petitnombre d’autres soigneurs. Après avoir attendu pendant dix jours Wences-las, qui n’eut garde d’y paraître, ils procédèrent contre lui, & l’Archevê-que de Mayence prononça la sentence de déposition ; sentence par laquelleon le déclarait convaincu d’avoir donné à fes sujets les exemples les plusscandaleusement pernicieux, d’avoir aliéné plusieurs fiefs de l’Empire, venduGênes a la France, le Mslanez & la Lombardie à Vifconti; d’avoir accordéaux voleurs & aux meurtriers l’impunité de leurs crimes; d’avoir lui-mêmemassacré & fait massacrer, noyer & brûler une infinité de prélats, de prê-tres & d’autres personnes de haute considération; enfin d’avoir employé à laplus affreuse débauche des jours & des nuits qu’il eut du consacrer au bien del’Empire (2).
Cette sentence ne produisit aucun des avantages que les Electeurs enavoient attendu: il est vrai que l’Empire fut délivré du tyran qui l’oppri-
(1) Wencker appar. archìv. Obrecht. P. aï. Struvius Period. 0. Ssct. 7. (2) Win-
dcch Mst. Sigism. Goldart. T. I. Pag. 179.
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Hijl. d’Al-
iemagne,
1314-1400.
Les Princesde l’Emtsirefe liguentcontre lui,
Ils s’ajstsn-hient &prennent lesplus mena-çantes réso-lutions.
1400.
II est déposé .•