Sect. IX.Hijl. d’Al-lemagne,1400-1440.
Moyen sin-gulier didécider laquerelle en-tre ks deuxconcurrentà la couron-ne Impérialeaccepté, b?qui n’a paslieu.
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bert pour les terminer: il eut bien désiré aussi de rentrer en Italie après la mortde Galéas, & de s’assurer de l’obéissance des villes de la Lomhnrdie ; mai.- YVen-ceílas, qui se disoit toujours Roi des Romains, & qui fembloit vouloir sou-tenir par les armes ses prétentions, ne lui permettoit point de s’éloigner derEmpire: cependant comme ni l’un ni l’autre des concurrens n’étoit bienpuissamment secondé, il n’y eut point d’hostilités: on disputa beaucoup parécrit; Wenceslas offrit de s’en rapporter au jugement du Roi de France Char-les VI. Rob'ert y consentit, & il fut convenu que dans une dicte solemnelìequi seroit tenue à Cologne, & à laquelle assisteroient le Roi Charles VI &les Princes de son sang, ainsi que Wenceslas & Robert, on examineroit lesdroits des deux compétiteurs, tk l’on décideroic irrévocablement en faveur decelui des deux qui paroîtroit le mieux fondé (1). L’Electeur de Cologne quiavoic proposé & fait accepter ces conventions, étoit bien assuré que cette dic-te n’auroit pas lieu, soit que Charles VI, dont les accès d’épilepsie deve-noient chaque jour plus fréquens & plus violens fut dans Pimpossibilicé des’éloigner de son palais, soit parce que dans le cas où les grands du Royau-me y assisteroient lans le Roi, le Prélat ne doutoit pas que le Duc de Bour-gogne ne s’oppolat de toute fa puissimee à ce que l’avis du Duc d’Orléansproche parent de Wenceslas prévalut: cependant affectant la plus vive impa-tience de voir ceffer cette grande querelle, P Archevêque de Cologne fe don-na les plus grands foins pour assembler cette dicte, qu’il indiqua à ìYIayencepour la plus grande commodité de ceux qui dévoient s’y trouver: mais ellen’eut pas lieu, k la grande satisfaction de Robert, qui ne fupportoit pas quel'on eût songé à compromettre fes droits, qu’il croyoit aussi légitimes qu’in-contestables (2). Quant à Wenceslas, comme il n’avoit rien à perdre, &qu’il ne pouvoit au contraire que gagner beaucoup h s’en rapporter au juge-ment de Charles VI, il ne désiroit rien tant que l’exécution des conditionsproposées par i’Archevêque de Cologne; & il fut d’autant plus affligé d’ap-prendre que cette dicte ne seroit pas assemblée, qu’il ne lui restoit plus au-cune forte d’espérance de remonter au trône Impérial. Se s débouches, fescruautés l’avoient rendu si fort odieux, qu’il étoit abandonné de tous, mê-me de Sigismond son frere, qui avoit déclaré ne vouloir plus fe mêler desaffaires de ce Prince également abhorré & méprisé. Fatigués de fa tyran-nie , les barons s’étoient soulevés contre lui, & quelques uns d’entr’euxgvoient formé contre fa vie une conspiration.
Au milieu des dangers qui le menaçoient, Wenceslas prit une résolutiondont on ne le croyoit pas capable ; il rassembla toutes les troupes qui vou-lurent le seconder, se mit à leur tête, & parut tout à coup dans les provin-ces qui montroient le plus de disposition à lever l’étendard de la révolte. Cettedémarche en imposa aux Bohémiens, &, quelque violente que fut la hainedu peuple, il n’osa se déclarer pour les barons; ceux-ci même déconcertés;renoncèrent à leur projet de soulèvement; les uns allerent implorer la clé-mence du tyran, & les autres se retirerent auprès de Sigismond, qui les ac-
(i> Mart. Thés. antedot. Tom. 1. Apparat, jur. Publ. (2) En proposant ce moyend’íccomodement, l’Archevêque de Cologne ossensoit en même teins les droits de Ro-bert, légalement élu Empereur, & les droits des Electeurs, qui eussent dû s’opposcr detoute leur puissance à une semblable diete.