D’A LLEMAGNE, Liv. XXV. Sect. IX. aip
cueillit, & concerta même avec eux les moyens de s’aflurer de la person-ne du Roi de Bohême, & de le renfermer pour toujours. Soit que le Roide Bohême fut informé de ce defiein , soit qu’il craignit une invasion deses Etats par les Hongrois, il envoya proposer à son frere un traité de li-gue & Sigismond n’y voulut consentir qu’à condition qu’en lui cédant la En-lace & la Silésie, le Roi de Bohême le nommeroit, par un acte authenti-que, son successeur aux Etats de Bohême. Irrité de la dureté de ces condi-tions, Wenceflas rompit la négociation, fit condamner comme convaincusde haute trahison, les seigneurs qui s’étoient réfugiés en Hongrie, & dontles biens furent adjugés au sise (i).
II est vrai que Sigismond étoit damant moins fondé à prescrire des Joixtrop dures à son frere, que dans ce tems là même, la Hongrie entiers étoitsoulevée contre lui, soit à cause du pouvoir arbitraire qu’il s’efTorçoit d’ufur-per, soit à cause de la mort de trente deux seigneurs & du Palatin Garaqu’il avoir fait périr fur l’échaffaud, pour avoir appellé Charles de Duras enHongrie. Les fils du Palatin Gara, suivis d’une foule innombrable de mé-contens, marchèrent contre Sigismond, l’arrêterent & l’emmenerent prison-nier dans le fort de Soldes, où les chefs des rebelles lui envoyerent dé-clarer au nom de la nation , qu’ils renonçoient à son obéissance, & nevouloient plus de lui pour Roi. En effet, les Hongrois envoyerent of-frir la couronne à Ladislas, Roi de Naples, Prince, qui, plus prudentque son pere, accepta le trône de Hongrie, s’embarqua, puissamment se-condé par le Pape Boniface IX, & alla débarquer à Zura , où une fou-le de seigneurs Hongrois vinrent lui prêter ferment de fidélité. La cap-tivité de Sigismond , & les dispositions de fes nouveaux sujets persuadantù Ladislas qu’íl n’auroit plus d’obstacles à éprouver, il s’avança jusques à Ja-varin, ville de Hongrie située fur les frontières d’Autriche, il y fut même cou-ronné par le Légat de Boniface : mais au moment où il s’y attendoit le moinsune révolution que toute la prudence humaine n’eùt pu prévoir, vint lui ra-vir le sceptre de Hongrie ; les fils du Palatin Gara touchés du fort de Sigis-mond, & vivement pressés par leur mere, fe réconcilièrent avec leur pri-sonnier, qui fut remis en liberté. II lui restoit encore dans le Royaume unnombre très-considérable de partisans ; ils vinrent l'e ranger fous fes dra-peaux, & il marcha contre Ladislas: mais celui-ci venoit de fe rembarquerpour son Royaume de Naples, la Noblesse soulevée avoit pour chefs les S.Severini. II hâta son voyage, reparut dans fes Etats, & y signala fa ven-geance par des actes de cruauté dont nous avons pris foin de rendre compteailleurs (2).
Bien des auteurs contemporains regardent comme inexcusable la conduitede Robert, qui, négligea de profiter de ces circonstances, non feulementpour affermir fa puiffimee en Allemagne en achevant d’accabier Wenccfias,mais encore au lieu d’aller rétablir en Italie, après la mort de Galéas, l’au-torité Impériale, perdit le tems, & la plus favorable des occasions à tenir
(1) Wenck. Coll. Archiv. p. 405. (2) Voy. dans cette collection VHistoire des
Royaumes de Naples & de Sicile Toni. 37. Liv. 24. chap, IX. Seft. 4. pag, 200.
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Hìjt. d’Al-
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1400-1440.
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SigismondRoi de Hon-grie déirô’.iV rétabli.