220 HISTOIRE DE L'E M P I R E
Sbct. IX. des dictes, &à chercher les moyens de réprimer les hostilités & les brigan-fíifl. d’Al- dages de quelques seigneurs ; mais ces auteurs se trompent, Robert deíiroiclemagne, ardemment de rentrer en Italie, & de rendre à ses armes l’éclat quelles y1402-1412 . avo j ent p er( i u . ce ne f uc p ÛS j u j ^ ce f urent i es Electeurs ecclésiastiques qui,Conduite de ^fusant de seconder cette entreprise, rendirent inutiles les vœux de l’Em-Rnbert jus- pereur. Traversé dans ses vues, Robert du moins ne négligea rien pours’assurer en Allemagne la supériorité sur son rival; il recula autant qu’il sucen lui les frontières de son Electorat, contraignit par la force plusieurs villesd’Allemagne à le reconnoître, mit au ban de l’Empire Aix la Chapelle, quirefusoit de se soumettre, & acquit plusieurs fiefs de Guillaume l’Evc-que deStrasbourg. Mais le chapitre & les citoyens de Strasbourg désapprouvantles aliénations faites par leur Prélat, s’y opposèrent fortement, & Robert,qui avoit d’autant plus d’intérêt à ménager les Strasbourgeois, qu’il n’igno-roit pas qu’il avoit beaucoup d’ennemis même parmi les Princes, ne profitapoint de ces acquisitions. Le plus dangereux de ces ennemis de Robert étoitl’Electeur Jean de Nassau , Archevêque de Mayence. Jean de Nassau,^l'^rche ^àt sans mœurs, homme fourbe & dissimulé devoit son Archevêché auxvê ue‘ds‘' bontés de Robert, & il le paya de la plus noire ingratitude : à peine il futMayence élevé à cette prélature, qu’il s’attacha à faire perdre h Robert la couronne&Jes intri- Impériale , qu’il vouloit placer fur la tête d’Adolphe de Nassau son neveu-f'Empereur Robert, qui connoissoit & les vues & les ressources de "Archevêque, dissi-qu) fiumtt * mula, feignit d’ignorer tout de crainte de l’irriter, mit dans ses intérêts lesk Marquis Princes les plus puiílàns & les villes les plus redoutables de l’Empire, s’;u>ac Bc.de. comoda avec les Strasbourgeois au sujet des fiefs que l’Evêque Guillaume lui* 4 ° 4 * gvoit vendus, & fit un traité avantageux avec les principales villes d’Ai-sace (1).
De tous les seigneurs qui se ssgnaloient alors par leurs vexations, Bernard,,Marquis de Bade étoit celui qui se distinguoic par dessus tous les autres parles plus odieuses déprédations; soutenu par l’Archevêque de Mayence, ilavoit établi des péages exorbitans dans toute l’étendue de ses domaines, & ilfouloit de la maniéré la plus oppressive les voyageurs & fur-tout les mar-chands : ceux-ci, de même que les villes commerçantes se plaignirent vive-ment de ces vexations, & Bernard refusant de supprimer ses comptoirs, Ro-bert lui fit la guerre, & envoya contre lui plusieurs seigneurs & des trou-pes nombreuses dans le desiein de le réduire. Le Marquis trop foible pour ré-sister h des forces si supérieures fut contraint de demander la paix qu’il n'ob-tint qu’à condition que les comptoirs qu’il avoit établis sercient supprimés,,qu’il supporterait tous les frais de la guerre, qu’il resterait fidelle à sEm-pereur, & n'entreprendrait plus rien qui tendit à troubler la paix publique.Le Marquis de Bade ne forma plus directement, h la vérité, aucune nouvelleentreprise, mais il ne tarda point à donner à Robert de nouveaux sujets demécontentement.. Wenceslas avoit rendu le Duché de Luxembourg à Josse,.Marquis de Moravie, & se repentant de cette aliénation, mais hors d’étatde retirer ce Duché, il engagea le Duc d’Orléans à en faire le retrait, enremboursant à Josiè le prix que celui-ci en avoit donné. Le Duc d’Orléaps
(1) Weakeri cslkB. arckiv. p. 227. Marten,. Thesauri anecdote