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HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sect.IX.Hist. d’Al-lemagne ,1400-1440.
Dépositionde GrégoireXII N deBénoitXIIlpar le Conci-le de Pise ,Elehìona’Alexan-dre V.
rolte po-[ue é?imula-. de Gré-re Xll.[410.
Grégoire, au futur concile œcuménique. Malgré cet appel, les Peres assem-blés à Pise porterent leur sentence définitive, par laquelle reconnoislànt pourvéritables & prouvées toutes les accusations portées contre Pierre de Lunese disant Pape sous le nom de Bénoit XIII, & Ange Corrario fe disant Papeaussi sous le nom de Grégoire XII, l’un & l’autre furent déclarés indignesdu suprême Pontificat, dont ils étoient déchus, comme notoirement schis-matiques, parjures, fimoniaques & scandaleux. D’après cette sentence, lesCardinaux se rassemblant au nombre de 24 dans le Palais de l’Archevêque dePise, ils élurent unanimement Pierre Philargi de Candie, qui prit possessionde la chaire Pontificale sous le nom d’Alexandre V (i)-
L’Election de Pierre Philargi fut généralement approuvée ; car il étoit re-specté par ses mœurs, & ses vertus avoient fait oublier la profonde obscuritéde son origine. En effet, Pierre ignorait h quels parens il devoir fa nais-sance, & il étoit encore dans ion enfance, lorsqu’un Cordelier Italien letrouvant dans les rues de Candie demandant saumoné , se chargea de luipar charité, & le mena dans son couvent, où le jeune mendiant fit de si ra-pides progrès dans l’étude, qu’on lui donna de très-bonne heure l’habit deCordelier; il alla poursuivre le cours de ses études à Paris; où il fut reçuDocteur en Théologie; de retour en Lombardie, il gagna parla sagesse desa conduite & par son habileté dans les affaires, la confiance de Galéas Vis-comti qui le mit à la tête de son conseil, & le nomma même en mouranttuteur de son fils. Pierre de Candie fut successivement Evêque de Vicence,d* Navarre, Archevêque de Milan & Cardinal. A peine il eut été placé surle S. Siégé qu’il montra le zele le plus vif pour éteindre le schisme & refor-mer l’Eglise, soit dans son chef, soit dans ses membres ; il promit mêmed’aisembler un concile général, pour remplir ces deux grands objets : maistandis qu’il faiseic d’inutiles efforts pour rendre la paix à l’Eglife, l’entre-* prenant Grégoire XII transférait de St» Vie en FriouU à IIdine dans leTirol, un concile, dans lequel, après avoir fait condamner comme illégiti-mes chefs de l’Eglise Bénoit XIII & Alexandre V, il porta la dissimulationjusqu’à promettre avec serment de renoncer lui-même au suprême Pontificataussitôt que ses deux concurrens fe feraient déposés eux-mêmes, & affectant1e plus grand zele pour la paix, il promit de s’en rapporter à la décision del’Empereur Robert, de Ladiflas, Roi de Naples & de Sigismond, Roi deHongrie, qu’il invitoit à s’aísembler pour juger définitivement cette grandeaffaire, leur donnant même le pouvoir de convoquer à cet effet un concilegénéral (2). Le rusé Grégoire XII favoit bien en faisant ces brillantes pro-messes , qu’il ne s’engageoit à rien, & que jamais les trois Souverains au ju-gement desquels il s’en remettoit ne consentiraient à se rassembler, & enco-re moins à être du même avis. En effet, une haine irréconciliable divisoieSigismond & Ladiflas, qui avoit voulu usurper le sceptre de Hongrie; Si-gismond étoit d’ailleurs l’implacable ennemi de Robert, auquel il ne pardon-nait pas d’avoir ravi l'Empire à la Maison de Luxembourg & Ladiflas lesdétestait tous deux, parcequ’il n’aspiroit à rien moins qu’au trône Impérial.
'O Ciacon. Hist. Pontif. Roman.
(2) Concil. Labb. Tom. 12. Bzovius a d ann.