aoS H í S T O I RE DE L’E M P I R E
Sect.IK. dis que Ladiíhs régloit, pendant la trêve qu’il avoit accordée aux Teutons,Hist. J’Al- les conditions du traité de paix, les chevaliers Teutons rompirent la trêve.,îemagne, f ÛUS prétexte que les Polonois ne montroient pas assez de zele pour la con-1 400-H4°- vallon des Idolâtres qui habitoient les Provinces Polonoises. Sar ce ridiculemotif le Grand-Maìtre Jungen, à la tête d’une armée de 80 mille hommes,se jeta sur la Balle Pologne, & s’y livra aux plus cruels excès. Ladiíhs,Défaite des suivi de. ses troupes marcha à la rencontre des Teutons, les joignit,, leur li~Teutons, V ra bataille, & remporta fur eux une victoire complette, qui couta aux vain-cus environ 60 mille hommes, morts fur le champ de bataille, & parmi les-quels fut trouvé le cadavre du Grand Maître Jungen. Cette défaite irréparableréduisit Tordre Teutonique aux plus dures extrémités, & pour comble dedisgrâce, la plupart des villes de Prusse fe révoltèrent contre les Chevaliersoppresseurs de ce pays ; enforte qu'il ne leur restoit plus que le château deMarienbourg, où secourus par Henri de Plaven , nouveau Grand - Mai,tre, ils fe défendirent pendant près d’une année avec la plus intrépide va,leur (i).
Cette guerre du Roi de Pologne contre les Chevaliers Teutons fixoit Tat-Mert de tendon de f Allemagne, dont les Provinces jouiíïòient «Tailleurs des douceursRobert. à la paix, grâces à la íhgeíso de TEmpereur Robert, qui par les foins &
Ilf ' son autorité avoit réprimé toutes les factions, & réduit même le turbulent
Archevêque de Mayence h ne pouvoir rien entreprendre contre le chef deTEmpire.. Robert étoit aimé; il étoit respecté, & par le bien qu’il avoit faith fes sujets, & par fes éminentes vertus ; aussi la mort qui le moissonna pres-que tout-à-coup à Oppenheim, le io de Mai 1410, remplit de douleur &des plus vifs regrets T Allemagne & TEmpire (a). Robert s’étoit mariédeux fois; on ignore quelle fut fa premiere époulè, il en avoit eu Rupert,Prince vaillant, qui, long tems prisonnier chez les Turcs, étoit mort quel-que tems avant son pere. De fa seconde femme, Elisabeth, fille de Fride-ric, Burgrave de Nuremberg; il laiílà huit en fans, Marguerite, épouse deCharles, Duc de Lorraine; Agnès,femme d’Adolphe, Duc de Cleves;Eli-sabeth qui fut mariée à Fri«íeric,Duc d’Autriche; Louis, souche de la mai-son Electorale Palatine, qui s’éteignic en la personne d’Othon-Henri en 1559;Jean, dont le fils Christophe fut Roi de Dannemarck; Frideric & Etiennequi moururent fans postérité ; & Othon dont les defeendans Comtes Palatinsdu Rhin subsistent encore de nos joui?.
A peine la mort eut moissonné Robert, que T Archevêque de Mayenceindiqua pour le 1 er de Septembre suivant la dicte d’élection : mais Wences-las, Rodolphe Duc de Saxe, Joíso ou Jodoce de Luxembourg, Marquis deBrandebourg & de Moravie ne pouvant s’éloigner de leurs Etats tant que laguerre entre la Prusse & la Pologne subsisterait, envoyerent prier TEiecteurde. Mayence de remettre cette diete à un tems plus favorable; ils ne purentobtenir le délai qu’ils demandoient, & les Archevêques de Trêves, de Co-logne , ainsi que Louis,Comte Palatin du Rhin s’asièmblerent au jour indiquépar T Archevêque de. Mayence, & ils fe contentèrent d’envoyer dire aux trois
(0 Dluglossi: Hist. Poloi. L. 10. IJift. d'Jllem. Par le P. Barre Tom. VU. (a) Theat.
Part. 4. terioi. t. c. 2.