D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. IX. 229
Electeurs qu'i’s pouvoìenc envoyer à la díete leurs Ambassadeurs chargés deleurs procurations, & qu’ils y jouiraient de tous les droits accordés par laBulle d’or. Le Duc de Saxe & le Marquis de Brandebourg prirent ce parti ^olcfuu’o.
& envoyerent leurs repréíëntans, l'Archevêque de Mayence qui depuis bien --—
des années cabaloir, dans la vue d’élever au trône Adolphe de Naíîàu son Dittle as 'neveu,n’avoic eu garde d’inviter à la dicte d’élection Sigismond,Roi de Hon- ^éluaiot^grie, qui prétendoic avoir le droit d’y assister, & qui disputant à Josse la qua- d’m, 7 Le-lúé d’Electeur de Brandebourg, envoya des députés à Francfort chargés de rcur :unesoutenir ses droits. panne des
Les prétentions de Sigismond étoient fortement appuyées par le Pape Gré- pmìZZtgoire XII & par Louis Comte Palatin du Rhin. II s’éleva à ce sujet, une très Sigûsmond.vive dispute entre les Electeurs, & ceux de Cologne & de Mayence refu-sèrent de recevoir les ambassadeurs du Roi de Hongrie. Cependant le Com-te Palatin & l’Archevêque de Trêves qui soutenoient la cause de Sigismondfans égard aux représentations de l’Electeur de Mayence, s’assernblerent, ad-mirent les ambassadeurs du Roi de Hongrie, & procédant à sélection'pro-clamèrent Sigismond Roi des Romains (1). Les Electeurs de Mayence & fossé élude Cologne très-mécontens s’assemblerent de leur côté, avec les envoyés ouffi RoUetdes Electeurs de Saxe & de Brandebourg; ils procédèrent aussi à une éiec- Ronuains.tion, & protestant de l’irrégularité de celle qui avoit été faite, ils élurentEmpereur Josse, Marquis de Brandebourg. Ainsi l'Empire eut trois chefs,
Wencestas, Sigismond & Josse, tous trois de la maison de Luxembourg, &tous trois animés l'un contre l’autre dune haine irréconciliable. 11 est vrai'querinfc-nsible & lâche Wenceslas voyoit avec aílèz dìndissérence le sceptre qu’ilavoit perdu passer dans d’autres mains; mais comme il détestoit Sigismond, cequi lui faisoit le plus de peine étoit non pas la perte du trône impérial, maisréiévation de- son frere. A l’égard du Roi de Hongrie, il étoit résolu deperdre la vie plutôt que de descendre du rang qu’il venoít d’obtenír: aussi dèsqu’il fut informé de sélection de Josse son cousin, il lui envoya demander s’ilétoit dans l’intention d’acceprer l’Empire ; oui très certainement, lui fit ré-pondre Josse; & moi, répliqua Sigismond, je vais porter en Moravie la guer-re & la désolation (2). •
Sigismond méditoit une invasion dans les Etats de Josse son rival, lorsqu’il rccutla nouvelle de la mort de celui-ci, qui cessa de régner & de vivre le 8 e de Jan-vier 14H ; il ne laissa point d’enfans, & Sigismond se huta de se mettre enpossession du Marquisat de Brandebourg qu’il avoit constamment disputé à soncousin. Josse mourut sans avoir reçu la couronne impériale, & la plupart deshistoriens ne le mettent pas au nombre des Rois des Romains ; cependant ilexiste de lui un decret qui paroit dicté par l’équité, & par lequel Josse dé-clare que nul n’est obligé à se soumettre à un decret impérial, s’il est con-traire aux loîx & aux maximes de ] Empire. Quelque honneur néanmoins ni rttque puisse faite ce decret à la mémoire de Joílè, les auteurs contemporains Josse.assurent que ce fut un bonheur pour les peuples, que ce Prince n’ait pas 141 r.régné plus iong-tems; c étoit, difent-iis, le plus fossile des hommes, le moins
(1', Eccard. Corp. Hiftor ^ Tom. i. (r) Struvius Petkd. 9. Sect. 9. Barre IPst,nAllem. loin. Vil. Goidast. lom. 3.
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