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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sect. IX.fíist. d’Al-lemagne,1400-1440.

Sigismondunanivné-veent reconnu Empe-

TtUT.

EJjirancesqu'tn eotifoitdu egne deSigsmond,Jes venus& ses dé-faits.

a 3 o HISTOIRE DE L’EMPIRE

fur des alliés, & le plus avare des souverains. II est vrai que Dubravius,Evêque d’Olmutz en Moravie, l’a peint dans son Histoire de Bohême , sousdes traits bien différens; il donne les plus grands éloges à fa valeur, à sonhabileté dans les affaires & fur-tout à son désintéressement ; mais Dubraviusest le seul qui ait loué Joílè, & si l’on doit s’en rapporter au plus grand nom-bre, l’Empire & l’Allemagne gagnèrent beaucoup plus qu’ils ne perdirentà la mort de ce Prince (r)-

Quoique les Electeurs de Mayence, de Cologne, de Saxe & de Brande-bourg eussent refusé leurs suffrages h Sigismond, aussitôt qu’ils furent infor-més de la mort de Joílè de Luxembourg, ils crurent tous devoir reconnoî-tre pour légitime chef de l’Empire le Roi de Hongrie. L'Archevêque deMayence assemblant le college Electoral en diete à Francfort, le 21 Juillet1411, Sigismond y fut unanimément proclamé Empereur. Cette élection étoitd’autant plus nécessaire, que l'Allemagne étoit dans toutes fes parties, fortviolemment agitée, & l’Italie déchirée par les factions & les hostilités. Gré-goire XII & Jean XXIII avoient chacun en Allemagne un parti redoutable ;ils difposoient en maîtres en faveur de leurs partisans des mêmes évêchés, desmêmes bénéfices; chaque nomination à une prélature étoit suivie d’une guer-re entre les deux compétiteurs; & ces guerres, auxquelles les Princes & lepeuple ne manquoient pas de prendre part, les uns par intérêt, & le peuplepar fanatisme, accabloient les provinces, ravageoient les campagnes & dé-peuploient les villes. Armés contre les Vénitiens, les Hongrois fe difposoientà terminer par la force des armes les anciennes & vives contestations qui s’é-toient élevées entre eux & la république de Venise. Ladislas tout vaincu qu’ilétoit, fe faifoit encore redouter, & la crainte des nouvelles hostilités qu’ilfembloit méditer, répandoit la terreur & la consternation dans l’Italie entiere.

Telle & plus violente encore étoit la situation de l’Empire, de l'Allema-gne & de l’Italie, quand Sigismond prit poílèssion du trône impérial : on leregardoit comme le seul Prince capable de détourner les maux qui mena-çoient les peuples & de faire ceílèr les troubles, les désordres & l’efpece d’a-narchie qui depuis la mort de Robert ébranloient & bouleverfoient les diffé-rens Etats soumis à la domination impériale. A ne considérer en effet, queles grandes qualités de Sigismond, nul n’étoit plus en état que lui de rétablirles loix de la subordination & de ramener dans l’Empire le calme de la paix;il étoit plein de courage & de valeur, intrépide dans le danger, ferme dansla disgrâce, modéré dans la prospérité, sage, instruit, éclairé, & méritoità beaucoup d’égards le surnom de lumière du monde qu’on lui avoit donné.Sigismond à ces éminentes vertus, h ces brillantes qualités joignoit pourtantdes défauts eílèntiels, qu’il s’efforçoit, & qu’il avoit même l’adreílè de cacheraux plus clairvoyants. Avare à l’excès , prodigue jufqu’à la profusion, il fa-crifioit tout dans les occasions d’éclat, & paroiffoit paisible & satisfait, lors-qu’il regrettoit le plus amèrement les dépenses énormes qu’il faifoit moins pargoût que par ostentation. Orgueilleux & populaire, généreux en apparen-ce , intéressé au fond, il réunissait en lui les qualités les plus opposées,les vertus les plus respectables, les vices les plus odieux. II aimoit à être

(1) Cufpinian. de Imperat, HeiíT. ffîst, d’dllem, Tom. 1. Dubrav. Hist. Bobem. L. 23.