D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Se ct. IX. 235
celle réponse Jean XXIII, ne pouvant encore se persuader que l’Empereurlui fut défavorable, témoigna le désir le plus vif pour la paix de l’Eglífe, con-vint en apparence de bonne foi que la cessation du schisme ne pouvoir êtreopérée que par un concile: mais en même cems il savoir que rien n’étoicmoins incertain que le succès d’un tel moyen, parce que si d’un côté, lesCardinaux prétendoient avoir seuls le droit de prononcer fur la légitimicé del’un des crois compétiteurs au suprême Pontificat, il n’ignoroit pas de l’au-tre, que le clergé de Rome divisé entre les trois Papes, ne feroit jamaisd’accord fur la préférence qu’on devroic donner à l’un des trois à l’exclusiondes autres: d’ailleurs, Jc-an XXIII jugeant par lui-même des dispositions defes deux concurrens, étoit bien assuré qu’aucun d’eux ne foufcriroit k la con-vocation d’un concile, parce que, quoique déposés dans celui de Pise, quiavoir élu Jean XXIII, Grégoire XII & Bénoic XIII n’en avoient pas moinscontinué de se maintenir sur le S. Siégé, & qu’il étoit très-vraisemblablequ’au lieu d’éteindre le schisme, un nouveau concile n aboutit qu’à surchar-ger d’un quatrième Pape la chaire Pontificale ( 1 ).
bigismond avoir prévu tous ces événemens, & il connoistoit aussi bien queJean XXIII les difficultés qu’il y auroit à combattre & à applanir: mais for-tement persuadé que le seul moyen de rendre la paix h l’Eglise, étoit dedélivrer l’Italie des tyrans qui l’opprimoient & de rétablir dans ces contréesl’autorité Impériale, il envoya des ambaíladeurs à Florence, où étoit alorsle Pape Jean, chargés de le presièr de convoquer les Cardinaux & les Pré-lats de la Chrétienté. Le Pape qui n’ignoroit pas que le Chef de l’Empireuseroit du droit qu’il avoir de convoquer un concile, parut ne désirer rientant que de concourir à ces vues de pacification; & à son tour, il envoyades ambassadeurs h Sigismond, pour fixer, de concert avec lui, le lieu oùl’on assembleroit ce concile. Malheureusement pour Jean, ces ambaíladeursqu’il avoir comblés d’honneurs & de bienfaits, s’occuperent moins de fes in-térêts que de l’utilité publique, & décidèrent au gré de Sigismond, que leconcile feroit assemblé à Constance, ville Impériale dans le cercle de Suabe.Le choix de cette Ville dans laquelle il prévoyoit qu’il ne feroit pas maîtredes délibérations, causa au Pape le chagrin le plus vif, & le désir d'obtenir,s’il étoit possible, un lieu moins défavorable h fes vues lui fit prendre le partid’aller lui-même trouver l’Empereur à Plaisance en Lombardie: ils se rendi-rent l’un & l'autre à Lodi, où après un mois de conférence, il fut enfinconvenu que le concile feroit convoqué k Constance fur le lac de ce nom,ville grande, peuplée, dépendante de l’Archevêché de Mayence, & damantplus commode pour une telle assemblée, qu’à la faveur du lac, on pouvoiry Lire transporter toutes sortes de provisions, cette décision immuablementprise, Sigismond qui vraisemblablement n’étoit pas fâché de laisièr entrevoirles vrais motifs qui lui faisoient si fort désirer la tenue d’un concile, dit fansdétour au Pape, que la réformation de l’Eglise dans son chef, ainsi quedans fes membres, devant être le grand objet de cette assemblée, il l’exhor-toit à changer par avance de conduite, & à édifier les peuples, autant qu’illes avoir julqu’alors scandalisés par fes mœurs peu régulières, & que c’étoit
(1) Gerson. Ttm, 2.
Gg 2
Hist. d’Al-
leinagne,
1400-1440.
Espérancesde ‘fean
xxin.
1413.
L’Empi-
reur Ujeun
XXIII con-viennent dela convoca-tion d’unConcile àConstancemortifica-tion deJean,