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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’ A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. IX. a 37

ces grandes qualicés écoienc entierement éclipsées par les vices les plus odieux; ^il n’avoit ni mœurs, ni foi, ni loi, ni nul vestige de probité. Ami fourbe, lemagne,infidelle allié, dissimulé jufqu’à la perfidie, cruel jusqu’à l’atrocité, il ne mé- 1400-1440.rita les regrets de personne, & il laiiïà son sceptre à Janette fa sœur ainée, 'veuve de Guillaume, Duc d’Autriche; & qui fur le trône, continua de fedéshonorer par fa conduite scandaleuse & l’infamie de fes prostitutions (1).

E11 tout autre rems le Pape Jean XXIII eut été enchanté de la mort de DemandesLadislas, son plus implacable ennemi; mais alors la crainte des délibérations de Jeanqu’on pourroit prendre contre lui au concile de Constance, le rendit peu fcn- a ^^ e <le ^íible â cet événement : on le preíToit de toutes parts à fe rendre à cette assem- 10u ^ nblée; il fut contraint de le promettre; mais avant que de fe mettre en route,il envoya vers Sigismond des ambassadeurs chargés de prendre des arrange-mens pour fa fureté tant qu’il feroit dans cette ville. II vouloir y être reçu,traité & respecté comme seul & vrai Pape, y avoir une liberté entiere d’ensortir ou d’y rentrer comme il le jugeroit à propos, y avoir seul toute juri-diction, soit quant au spirituel, soit quant au temporel, &c. Quelqu’étendus& multipliés que fuíìènt ces conditions, Sigismond ne fit nulle difficulté deles approuver, il engagea même les Magistrats & les citoyens de Constanceà accorder au Pape tout ce qu’il demandoit. Tant de marques de déférencene rassuroient point Jean; il partit cependant; mais h son passage parle Ti-rol il fit un traité avec Fridéric Duc d’Autriche, ennemi déclaré de Sigis-mond. Par ce traité, le Duc promit de soutenir de toute fa puiiïànce les in- Ev.es luitérêts de Jean, & d’empêcher fur-tout qu’on ne le déposât; outre que Fti- M 1 accor -deric avoir aux environs de Constance plusieurs forteresses, il étoit à quelques )-^ u ' e ^égards autant intéressé que le Pape à traverser les délibérations du concile; il FHdenc,fçavoit que les évêques de Coire, de Brixen & de Trente dévoient y porter Duc d'Au.contre lui des accusations très-graves, qui nécessairement lui fusciteroient des tricho &J eennemis puissans & les affaires les plus disgracieuses ; asin de s’attacher encore r J^ ÌC “ on ‘plus étroitement ce protecteur, Jean XXIII lui donna le titre de Général dos JTroupes de l’Eglife, avec une pension de 6000 florins d’or fur la chambreapostolique: il acheta aussi, au prix de 16000 florins d’or l’amitié du Mar-quis de Bade, & ces alliances qu’il croyoit très - puissantes, le rassurèrent unpeu; il fit son entrée h Constance, où il fut reçu avec tout le respect, leshonneurs & les distinctions qu’on ne rendoit qu’au chef de l’Eglife (2).

Toujours dans la résolution de dissoudre l’aíïèmblée, pour peu qu’il s’ap-perçut que les résolutions qu’on y prendroit ne lui fuíìènt pas favorables,

Jean XXIII fit l’ouverture du concile, & ce même jour arriva à Constance

Jean Hus, qui, muni d’un sauf-conduit de l’Empereur, s’y rendoit, pour

s’y justifier des erreurs dont il étoit accusé. Par ce faus-conduit, très-ample, Jean Hus

Sigismond assuroit la vie & la liberté de Jean Hus durant son voyage & son arrive A

retour, soit par mer soit par terre, & déclaroit qu’il le prenoit spécialement

sous fa protection. Malgré des assurances aussi positives, à peine Jean Hus mhenpri-

fut entré à Constance, qu’il y fut arrêté & fort - étroitement gardé. De /on.

Chlam, l’un de fes plus zélés partisans écrivit-à l’Empereur, qui alors étoit

(1) Raynald rui ann. 1414. Ezovius ail eund. ann. Vander Hnrdt. (2) Id. To-n 1.

& Tmn. 2. Pag. 388. Gérard de Roo. de lieb. Aust. L. 6. Trithem. Citron, Dlugloffi ffljt.l’olon. L. 1».